Dies academicus de l’Université de Fribourg (151191)
Le titre de docteur honoris causa décerné au professeur Cyril Hegnauer
Fribourg, 15novembre(APIC) L’Université de Fribourg a fêté vendredi 15
novembre le Dies academicus en plaçant ce jour sous le signe de l’écologie
et des rapports entre l’homme et la nature. Un thème repris du reste par le
recteur de l’Université, Hans Meier, au cours de son allocution. Le Dies
academicus, ouvert par un discours du Conseiller d’Etat Marius Coottier,
chef du Département de l’Instruction publique du canton, a en outre permis
d’honorer un certains nombres de personnes pour leurs travaux, en décernant
notamment un titre de docteur honoris causa ainsi que plusieurs prix.
La Faculté de droit de l’Université de Fribourg a en effet décerné le
titre de docteur honoris causa au professeur émérite Cyril Hegnauer, de Zurich. Le Prix du Prince Franz-Josef II du Liechtenstein, destiné a encourager la recherche scientifique de la Haute Ecole fribourgeoise, a été décerné par le rectorat au professeur de philosophie Dominic O’Meara (Irlande),
qui enseigne à l’Université de Fribourg depuis 1984.
Divers prix académiques ont en outre été remis vendredi: le Prix Gottlob, qui récompense des travaux scientifiques traitant notamment de la sauvegarde des valeurs de l’Etat de droit et s’engageant contre les actes arbitraires et les atteintes aux droits civiques, a été attribué à Franz-Xaver Von Weber (Schwyz), pour sa thèse de doctorat; le Prix de l’informatique décerné par la Société de développement de l’Institut pour l’automation
et la recherche opérationnelle a été attribué à Paul-André Monney, de Dompierre (Fribourg) pour sa thèse de doctorat, et à Claudio Fleiner, (Aarau)
pour son travail de diplôme; le Prix Vigener, qui récompense les meilleurs
thèses de doctorat ou mémoires de licence, a été attribué par la Faculté
des lettres à Elvezio Canonica (Fribourg); par la Faculté des sciences, à
Adrian Etter (Turgovie); par la Faculté de droit, à Anton Henninger (Morat); par la Faculté des sciences économiques et sociales, à Carsten Kuschler (Allemagne). Quant aux prix de la Faculté des lettres, pour le meilleur
travail de licence, et du rectorat, pour le sport universitaire, ils récompensent respectivement les Fribourgeois Denise Chervet et Jean-Charles Bossens.
L’écologie: un accent particulier à Fribourg
Les conférences données par le professeur Hermann Remmert (Marburg), "La
nature, un devoir culturel", et par le professeur Marie-Angèle Hermitte
(Paris), "Pour un statut juridique de la diversité biologique", ont donné
le ton au Dies académicus 1991 de l’Université de Fribourg: situer l’écologie au coeur du dialogue interdisciplinaire est en effet l’un des défis de
la Haute Ecole. Cette dernière, qui s’est engagée à promouvoir l’enseignement et la recherche en écologie suite à l’initiative de la Conférence universitaire suisse, a d’ailleurs récemment mis sur pied un Service de coordination des sciences de l’environnement. Chaque faculté a ainsi offert un
regard personnalisé sur les relations entre l’homme et la nature.
Pas étonnant, dès lors, que le recteur Hans Meier, longtemps directeur
de l’Institut de biologie végétale, consacre son allocution solennelle au
thème "La croissance chez les plantes et sa régulation". Le botaniste, "devenu par hasard recteur", s’est posé la question de savoir si la connaissance des mécanismes biologiques de la croissance pourrait nous founir des
indications par rapport à la croissance et au développement d’une Haute
Ecole. Il a comparé l’Université avec un arbre qui, après cent ans, atteint
sa taille optimale.
Bilan de quinze années
Président d’honneur de la cérémonie, le Directeur de l’Instruction publique du canton de Fribourg, Marius Cottier, qui parviendra prochainement
au terme de son mandat de Conseiller d’Etat, a dressé un bilan de ses 15
ans passés à la tête de l’Instruction publique: "La Haute Ecole s’est
fortement modifiée: croissance des étudiants, plus nette que la moyenne
suisse, avec une répartition des origines étonnament stable, idéale pour
que la Haute Ecole conserve son caractère fribourgeois, suisse et international".
Parallèlement à cette croissance, a relevé Marius Cottier, "l’Université
a su renforcer l’encadrement scientifique de ses étudiants, donner de nombreuses impulsions à ses travaux de recherches et de services, élargir les
enseignements offerts, satisfaire en partie son besoin de locaux, améliorer
ses infrastructures et ses équipements. Son financement s’est proportionnellement renforcé, grâce notamment à la solidarité intercantonale".
La durée de son mandat a permis également à Marius Cottier de collaborer
à la naissance des statuts de l’Université de 1970 et de la convention sur
la Faculté de théologie en 1985. Il a en outre mentionné le renforcement de
la collaboration intercantonale et internationale de l’Université. Au niveau national, le Conseiller d’Etat a noté les travaux de la Conférence
universitaire suisse, qui devra avoir d’"autres structures pour atteindre
une plus grande efficacité dans ses interventions". A la fin de cette année
entrera en vigueur la nouvelle loi sur l’aide aux Universités, qui insiste
notamment sur la collaboration entre les universités suisses. Selon Marius
Cottier, l’Université de Fribourg est engagée dans une évolution, mais
devra "veiller à ne pas perdre son ’génie propre’. Sa personnalité réside
en effet dans sa vocation spirituelle, dans sa place et sa responsabilité
européenne et mondiale".
Un climat qui favorise l’échange
Deux autres interventions ont encore marqué cette journée. La première a
permis à Josef Wolf, président de l’Association des Amis de l’Université
de Fribourg qui fête cette année le centième anniversaire de sa fondation,
de rappeler le soutien de son association à l’Université: acquisition de
livres pour la Bibliotèque cantonale dans un premier temps, puis réalisation de constructions pour l’Université grâce à une fondation "qui fut le
fer de lance des constructions de Pérolles et de Miséricorde", réalisation
de locaux affectés aux Instituts de physique, de physiologie et de chimie,
notamment; contribution au Fonds de la recherche de l’Université et divers
financements à caractère culturel.
La seconde intervention, faite par le président du Comité de l’Association générale des étudiants de l’Université de Fribourg (AGEF), Matthieu
Canevascini, a proposé une réflexion sur l’engagement - ou le désintérêt des étudiants dans la politique universitaire. L’AGEF, a-t-il regretté, n’a
pas bénéficié de la force d’impulsion qui a marqué la Société des étudiants
suisses, ni accordé à l’Alma mater le soutien constant que lui a apporté
l’Association des Amis de l’Université. Mais, a-t-il conclu, le système des
études n’est pas seul responsable de la léthargie estudiantine: "Fribourg
reste un modèle du bon contact entre enseignants et étudiants, d’un climat
qui favorise l’échange interculturel, d’une athmosphère amicale". (apic/pr)
ENCADRE
En décernant le titre de docteur honoris causa de l’Université de Fribourg au professeur zurichois Cyril Hegnauer, la Faculté de droit a ainsi
honoré "l’abondant travail d’un scientifique". Le professeur Hegnauer, septuagénaire depuis le mois de janvier dernier, fut juge de district et juge
cantonal. Trois ans privat-docent, il fut ensuite professeur ordinaire de
droit civil suisse à l’Université de Zurich (1973 à 1986). Il s’est fait
connaître par ses commentaires scientifiques en tant qu’expert lors de la
révision du droit de la famille, par ses livres d’enseignement et ses travaux destinés aux praticiens. Il fut également professeur invité et fréquemment conférencier à l’Université de Fribourg. (apic/pr)
ENCADRE
Le lauréat du Prix du prince Franz-Josef II du Liechtenstein, Dominic
O’Meara, a été récompensé "pour l’ensemble de ses travaux scientifiques qui
témoignent d’une conception chrétienne du monde et de l’homme et plus particulièrement pour son étude "Pythagoras Revived: Mathematics and Philosophy in late Antiquity" et son analyse de la pensée de Plotin. Né à Dublin
en 1948, le professeur O’Meara a enseigné à l’Université catholique d’Amérique à Washington et , depuis 1984, à l’Université de Fribourg. (apic/pr)