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    Maîtriser les problèmes de la croissance du nombre d’étudiants

    Dies academicus à l’Université de Fribourg (131192)

    Fribourg, 13novembre(APIC) Le nombre croissant d’étudiants à l’Université

    de Fribourg - ils sont aujourd’hui plus de 7’000 et leur nombre a augmenté

    de 27 % entre 1988 et 1991, alors que la moyenne suisse n’était que de 12 %

    - met la direction de l’alma mater friburgensis face à d’importants choix

    stratégiques pour éviter la mise en cause de la qualité de la formation, de

    la recherche et des services. Mais pas question pour le moment de "numerus

    clausus" pour freiner cette progression, a estimé vendredi le recteur Hans

    Meier à l’occasion du traditionnel "Dies academicus" de l’Université des

    catholiques de Suisse.

    Le prof. Meier a estimé que la "politique du laisser-aller" ne serait

    envisageable que si les moyens financiers alloués aux Universités croissaient au même rythme, ce qui n’est plus le cas depuis plusieurs années.

    Quant à l’introduction éventuelle du "numerus clausus", elle contredit la

    tâche fondamentale de l’Université, qui est d’offrir une formation académique si possible à toutes les personnes qui y sont aptes.

    Pour le recteur, la mesure la plus efficace consiste à identifier les

    étudiants trop peu motivés ou moins "doués" pour la branche qu’ils ont

    choisie: un examen obligatoire serait donc prévu dans toutes les branches à

    la fin de la première année d’études, permettant une meilleure sélection.

    Mais le problème le plus crucial est actuellement le manque de locaux. Et

    la préoccupation majeure du rectorat est la planification de la construction d’un nouveau complexe universitaire destiné aux sciences humaines.

    L’espoir du recteur est que le Conseil d’Etat, le Grand Conseil et finalement le peuple fribourgeois mettent à disposition les moyens financiers

    nécessaires "pour une solution d’envergure qui autorisera une construction

    satisfaisant nos besoins et dont on parlera encore avec respect dans 40 ou

    50 ans comme l’on parle aujourd’hui de la construction de Miséricorde que

    nous devons surtout aux larges vues du Conseiller d’Etat Joseph Piller". Et

    le prof. Meier de lancer: "J’ose espérer que les politiciens d’aujourd’hui

    feront preuve de la même clairvoyance que leurs prédécesseurs".

    La Suisse et l’Europe: à la croisée des chemins

    Le conseiller d’Etat Augustin Macheret, ancien recteur de l’Université

    et président d’honneur de ce "Dies academicus", a estimé que l’adhésion de

    la Suisse à l’Espace Economique Européen (EEE) - décision que le peuple

    devra prendre le 6 décembre prochain - "s’inscrit dans la continuité" des

    trente dernières années de notre histoire et ne signifie pas une rupture

    profonde de notre politique étrangère. Les Universités suisses, notamment

    celle de Fribourg, sont bien préparées aux dimensions nouvelles que prend

    l’Europe, par leur longue tradition de coopération internationale.

    Parmi les dix Hautes Ecoles suisses, Fribourg est celle qui, cette année, affiche la plus forte participation, en chiffres absolus, au programme

    européen ERASMUS. "Rien ne serait plus contraire à l’esprit de notre Université qu’elle en vint un jour à se provincialiser!", s’est-il plu à relever, en rappelant que l’avenir de notre pays va dépendre de plus en plus

    des priorités qui seront assignées à la Suisse, "dont la matière première

    la plus vitale est assurément sa matière grise!".

    Lors de la messe solennelle en l’église du Collège Saint-Michel pour

    l’ouverture de cette journée académique, Mgr Amédée Grab, évêque auxiliaire

    du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, a également abordé l’échéance

    européenne, "si attendue et si crainte". Il s’est demandé si l’Université

    "n’a pas pour tâche de mettre en lumière ce qui peut faire de l’Europe une

    communauté, pas seulement de marché, mais de destin, de valeurs, de recherche passionnée de l’homme à travers l’art et la science".

    Le professeur Paul-Henri Steinauer, vice-recteur, dans une conférence

    magistrale, s’est quant à lui interrogé sur "l’injustice en droit privé",

    et s’est attaché à montrer que certaines fois, l’application de la loi peut

    amener à commettre une injustice. Dans certaines circonstances, le juge

    doit choisir entre "dire le droit" et "rendre la justice". La solution

    qu’il choisit dans la plupart des cas est de dire le droit, tout en invitant souvent plus ou moins explicitement le législateur à rechercher une

    réglementation plus équitable. Le dialogue entre le politique et le judiciaire est essentiel dans un système démocratique fondé sur la séparation

    des pouvoirs, a-t-il souligné. (apic/be)

    Encadré

    A part la remise d’une dizaine de prix académiques divers, la Faculté de

    droit a décerné le titre de docteur honoris causa au juriste français Georges A. L. Droz, secrétaire général de la Conférence de la Haye, honorant

    ainsi les efforts du responsable de cette Conférence en vue d’harmoniser le

    droit international dès l’après-guerre et dans la perspective de l’intégration européenne.

    La Faculté des sciences économiques et sociales a également décerné le

    titre de docteur honoris causa à l’industriel fribourgeois Bernard Schneider, honorant ses qualités de gestionnaire, de promoteur du développement

    économique fribourgeois ainsi que son dévouement à la Faculté.

    C’est un mécanicien de précision thurgovien, Georg Müller, qui a reçu

    cette année le titre de docteur honoris causa de la Faculté des sciences.

    Actif dans le milieu du théâtre en tant que régisseur, il fonde ensuite le

    Zürcher Forum, qui organise un millier de concerts, expositions, débats,

    etc. Parmi les manifestations de grande envergure mises sur pied par ce

    pionnier de la vulgarisation scientifique, notons en particulier les expositions Phänomena et Heureka. Cette dernière exposition sur la recherche

    fut visitée par plus de 950’000 personnes. (apic/be)

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