Dialogue avec Mgr Lefèbvre : confirmation vaticane (081087)
Rome, 8octobre(APIC/CIP) A la suite des nouvelles parues ces jours-ci
dans la presse faisant état d’un accord intervenu entre le Saint-Siège et
l’éveque traditionnaliste d’Econe Mgr Lefèbvre, Joaquin Navarro-Valls, porte-parole du Vatican, a confirmé mardi soir qu’un dialogue était en cours
avec Mgr Lefèbvre pour la nomination d’un visiteur apostolique en la personne d’un cardinal qui sera chargé de définir les termes d’une régularisation canonique de la Fraternité sacerdotale St-Pie X. On ne connait cependant pas encore le nom du cardinal chargé de cette délicate mission.
De l’avis de certains observateurs au Vatican, on pense que cette régularisation canonique pourrait prendre la forme d’une prélature personnelle
sur le modèle de l’ "Opus Dei". Il faudrait également régler le statut des
pretres ordonnés par Mgr Lefèbvre. Leur ordination est valide, mais considérée comme illicite par l’Eglise catholique.
Les intégristes devront reconnaitre Vatican II, affirme le P. Trauffer
Pour le Père Roland B. Trauffer, secrétaire de la Conférence des éveques
suisses, interrogé en tant que canoniste par l’agence APIC, si l’ordination
des pretres ordonnés par Mgr Lefèbvre est considérée comme valide, il ne
faut pas oublier qu’elle est illicite; il manque la communion avec l’Eglise. Ainsi, meme si ces pretres sont ordonnés, ils n’ont pas le droit d’exercer leur sacerdoce, de valoriser les effets de leur ordination. Ils sont
en effet ipso facto "suspendus a divinis", puisque ordonnés par un éveque
lui-meme suspendu.
Ces ordinations pourraient devenir licites à certaines conditions. Le
visiteur apostolique aura pour tache de donner une structure à la communauté de Saint-Pie X. Cela pourrait se réaliser notamment sous la forme
d’une prélature personnelle. Cela impliquerait du point de vue doctrinal
(et cela se refléterait dans le statut de cette prélature personnelle) une
acceptation du Concile Vatican II avec toutes ses conséquences. Bien que
cela semble etre un simple oui de la part de Mgr Lefèbvre ou des pretres de
la communauté Saint-Pie X, ce oui implique toute une démarche doctrinale.
Il y aurait, dans ce cas, espère le Père Trauffer, des exigences du SaintSiège, notamment une formation ultérieure de ces pretres comme condition
pour que leur ordination soit reconnue et qu’ils reçoivent la permission
d’exercer le sacerdoce.
Pour le Père Trauffer, cela semble etre un point essentiel. Ensuite,
pour la procédure, il doit y avoir pour cette prélature un statut reconnu
par le Saint-Siège. Avec l’approbation de ce statut, il y a évidemment aussi la reconnaissance de cette prélature personnelle comme une Eglise particulière au sein de l’Eglise. On peut spéculer pour savoir si le Saint-Siège
va suivre l’indult du 3 octobre 1984 et s’il croit que les conditions sont
remplies par cette prélature. Notons qu’on ne dispose d’aucun élément,
précise le canoniste, pour savoir s’il s’agira d’une prélature personnelle,
ou d’une association de pretres, une société de vie apostolique, une communauté religieuse ou un institut séculier. C’est l’une de ces formes qui
pourrait etre adoptée. Une chose est sure cependant, conclut le Père Trauffer, la condition sera d’accepter le Concile Vatican II : "Je ne peux pas
m’imaginer que le Saint-Père - certainement pas Jean Paul II - pourrait revenir sur le Concile. Je ne vois pas comment le pape pourrait accepter si
les disciples de Mgr Lefèbvre ne sont pas prets à reconnaitre le Concile
Vatican II comme une base doctrinale. Du point de vue liturgique, on peut
imaginer que l’indult de 1984 soit appliqué dans le cadre de la communauté
Saint-Pie X". (apic/be)