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    Claude-Eric, homosexuel

    Deuxième témoignage...

    Claude-Eric, 42 ans, attend du sida déclaré, depuis approximativement

    deux ans, que la maladie s’est déclarée. Officiellement séropositif depuis

    9 ans, contaminé en 1982. J’ai quasiment réussi à tenir 7 ans sans problème, sans médicaments. Avec le temps, le virus a fait son effet... problèmes

    de santé ont commencé, la colonne vertébrale, diminution de la vie. On essaie de tenir le coup. On garde le moral. C’est ce qui est le plus difficile. L’espoir de trouver un médicament qui puisse nous sortir de là.

    Comment vous avez appris votre séropositivité et votre sida déclaré ensuite?

    Quand j’ai appris ma séropositivité, je l’ai très mal vécu. Parce que

    malheureusement, c’est une chose qui m’a été apprise par un médecin mais

    d’une façon très brutale et très directe. C’était à Genève. On m’a dit cela

    en moins de 10 minutes, avant de me laisser repartir avec ma séroposivité

    qu’on venait de m’apprendre, sans m’expliquer les risques qu’il y avaient.

    On m’a simplement dit au départ qu’on allait me revoir dans une année,

    avant de me mettre à la porte.

    Vous en voulez à ce médecin?

    Maintenant non. Au début, oui, et puis, après coup... j’ai fait deux

    tentatives de suicides là-dessus, après avoir appris ma séropositivité...

    J’ai réussi après coup, en discutant avec lui pourquoi il m’avait annoncé

    si brutalement. Il a cru que ce qu’il venait de m’apprendre passait bien.

    Sur le coup, oui, cela a bien passé, mais c’est après couip, de me retrouver seul à la maison, de tourner le problème en rond, d’essayer de comprendre ce qui m’arrivait, que lkes problèmes sont devenus forts et que j’ai

    vraiment réalisé.

    Au début, parler de ma séropositivité, équivalait à me dire que ma vie

    était pratiquement finie. Plus rien, plus d’espoir. Que ma vie se limitait

    à quelques mois. Que j’allais mourir. Mais avec du courage, j’ai réussi à

    remonter le courant, après mes deux tentatives de suicide, les médecins ont

    pris la décision de me faire suivre par un psychiatre. Je peut dire qujourd’hui, malgré ce que j’ai fait, que le public est au courant, je vis

    cela beaucoup mieux.

    Je suis célibataire... Et lorsque vous avez appris le stade supérieur de

    la maladie... ?Relativement bien. parce que malgré tout, en vivant une séropositiviét, on arrive à se préparer gentiement au fait qu’on va plus

    loin, parce qu’on est conscient que la maladie, à un moment ou à un autre,

    la maladie va se déclarer. Quand on sait ce qui nous attend, c’est clair

    que par moment c’est difficile à encaisser et à accepter. Mais je pense que

    si l’on regarde les choses du bon côté, on arrive à vivre cette situation

    d’une manière relativement bien. Ce qui compte? Avoir un entourage surlequel on opeut compter, s’appuyer, avec qui on peut parler à tous moments

    dela journée ou de la nuit. On sait qu’on peut avoir quelqu’un. J’ai la

    chance d’avoir le pasteur Roulin derrière moi. Que je peux l’appeler si

    j’ai besoin de parler à quelqu’un qui comprend ma situation.

    Mais les gens qui comprennent ce besoin sont une minorité à Genève. A

    l’heure actuelle, le public reste encore à l’heure actuelle beaucoup trop

    braqué sur une image qu’on a donné au départ de la maladie... Qu’elle concernait les homosexuels et les drogués. Alors que cette maladie concerne

    tout le monde. Dès que quelqu’un à le malheur de dire qu’il est séropositif, immédiatmeent se fait la réaction "donc, tu as eu un comportement dans

    ta vie à risque. Ce qu’ils n’arrivent pas à comprendre, c’est que le sida

    peut toucher tout le monde et touche tout le monde, puisqu’on a des cas

    d’enfants à la naissance qui sont annoncés séropo. Le public ne veut pas

    comprendre, ne veut pas voir les choses en face. Il reste sur cette image

    de départ. C’est un fait, qu’un début, il y avait beaucoup plus d’homo touchés que maintenant.

    "trop souvent, lors de soirée d’information, on entend encore des jeunes

    dire "moi j’suis pas pédé, j’suis pas drogué, donc je ne risque rien".

    C’est contre cela que vous partez en campagne? je tiens à faire remarquer

    au public que cette image n’existe plus, qu’elle n’est plus seulement le

    drogué ou l’homo. L’image concerne tout le monde.

    homosuexuel vous-même?

    Oui. La façpn dont j’ai été contaminé ... je pourrais en vouloir au garçon qui me l’a donné. Mais je ne lui en veut plus aujourd’hui, Il a voulu

    devenir frère de sang avec moi et on a fait un échange de sang les deux.

    Lui même m’a avoué son problème après coup, lorsque je suis allé le trouver. Moi je le savais, m’a-t-il dit, j’avais besoin de le partager avec

    quelqu’un. Sur le coup cela m’a fait mal, je l’ai mal pris. A la longue, je

    l’ai compris quand j’ai vue comme il était rejeté même de sa famille alors

    que c’était un garçon tout jeune de 19 ans. Il est mort aujourd’hui. Moi je

    me bat toujours. J’essaie de tenir le coup.

    Vous avez de la famille? Elle est au courant?

    Toute ma famille est au courant, mais malheiureusement, je suis complètement rejeté par ma famille. Le gros problème, j’ai une famille qui fait

    partie des témoins de jéhova... Ce fut très mal pris. Car ils ont ainsi appris mon homosexualité. Plus accepté par ma famille. Si il m’arrive quoi

    que ce soit maintenant, j’ai plus personne derrière moi. Le rejet total. Au

    popint que ma mère même change de trottoire lorsqu’elle me voit pour ne pas

    me parler. Au départ. difficile et pénible à supporter. Je m’y suis fait

    aujourd’hui. Il m’a fallu retrouver des amis, des personnes de confiance.

    Pas facile au départ de me confier de trouver à qui parler.

    Il n’y a pas un rejet global. Je ne me sens pas isoler. On arrive à en

    discuter très ouvertement. Et j’ai été personnellement très loin. La première fois que j’ai accepté d’en discuter, c’était dans un article paru en

    1989, avec ma photo. En 1990, j’ai accpeté de faire des photos d’affiche en

    ville "L’Aide suisse contre le sida) clips vidéo à la tv à visage découvert. Un gros risque que je prenais d’avoir des problèmes après.

    Vous avez le sentimeent d’avoir contribué à faire tomber la barrière de

    la peur....

    Oui. Et je veux continuer à la faire descendre chaque fois un peu plus.

    Comment faire vis-à-vis du public de se faire accepter tel qu’on est. C’est

    difficile à faire passer. Parce que tout le monde se dit que si jamais la

    famille ou les amis le savent, ils vont me laisser tomber, m’igniorer, je

    n’aurai plus personne. A l’heure actuelle, si on a du cran et la force de

    s’ouvrir, de l’expliquer, le sida n’est plus une maladie honteuse comme on

    l’a dit au départ. Si toutr le public qui vit comme moi je vis aujourd’hui

    avait le courage de dire moi j’ai ça, non seulement il y aurait moins de

    contamination, mais aussi on serait beaucoup mieux accepter.

    Le gros problème? Beaucoup sont sérop, mais ils n’ont pas le courage

    d’en parler. Même, et de ce fait, ils essaient d’avoir une vie sexuelle

    "normale".

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