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    Cathedrale_Ouagadougou

    Deux cardinaux, figures majeurs de l’Église en Afrique, fêtent leurs 80 ans

    Le poids de l’Afrique au sein du collège cardinalice faiblit. Le cardinal Philippe Ouédraogo, archevêque émérite de Ouagadougou, au Burkina Faso, impliqué dans le dialogue interreligieux, aura 80 ans le 31 décembre 2025. Ce sera aussi le cas, le lendemain, du cardinal John Njue, archevêque de Nairobi, au Kenya, figure de la résistance au tribalisme.

    Leurs états civils incertains avaient suscité des interrogations à l’approche du conclave du printemps dernier, mais leurs anniversaires ‘officiels’ tombent bien le 31 décembre et le 1er janvier. Le nombre de cardinaux électeurs, en cas de nouveau conclave, passe ainsi à 123.

    Le cardinal Philippe Nakellentuba Ouédraogo est l’une des grandes figures de l’Église catholique en Afrique et une personnalité morale importante dans son pays, bien qu’il se soit retiré de sa charge d’archevêque de Ouagadougou le 16 octobre 2023. Il a participé au conclave de mai 2025 ayant conduit à l’élection de Léon XIV, après que sa date de naissance ait été officiellement décalée, dans l’Annuaire pontifical, du 25 janvier au 31 décembre 1945. Cette décision administrative avait été prise en raison des incertitudes sur ses documents de naissance remontant à l’époque de la colonisation française de ce territoire alors appelé la “Haute-Volta”.

    Ouedraogo
    Ouedraogo
    Le cardinal Philippe Ouédraogo, ici à St-Maurice en 2017 | © B. Hallet

    Né à Konéan, dans le diocèse de Kaya, au nord de Ouagadougou, Philippe Nakellentuba Ouédraogo est issu d’une famille aux origines musulmanes. Cela ne l’empêche pas d’entrer au petit séminaire puis au séminaire une fois son baccalauréat en poche. Celui qui est surnommé «le petit berger de la savane burkinabé» est ordonné prêtre en 1973 pour le diocèse de Kaya. D’abord vicaire, il part poursuivre sa formation à Rome, à l’Université pontificale urbanienne.

    Quatre ans plus tard, en 1982, il y obtient un doctorat en droit canonique. De retour au «pays des hommes intègres», le jeune prêtre devient curé de la cathédrale de Kaya. En 1996, Jean Paul II le nomme évêque du diocèse d’Ouahigouya, dans le nord du pays, à très forte majorité musulmane. Il a 51 ans et s’implique alors dans la mise en application du premier synode spécial pour l’Afrique qui vient d’avoir lieu à Rome. En 2001, il est élu à la tête de la Conférence épiscopale du Burkina Faso et du Niger, poste qu’il assure jusqu’en 2007.

    Le dossier des violences dans le Sahel

    Deux ans plus tard, Benoît XVI le nomme archevêque de Ouagadougou. Là, il s’engage pleinement dans le dialogue avec les autres religions, notamment l’islam – il participe par exemple aux prières de la rupture du Ramadan -, ou encore avec les religions traditionnelles (15%).

    L’unité des chefs religieux face aux violences est une clé pour promouvoir la paix dans cette région d’Afrique bouleversée après l’effondrement du régime libyen en 2011. Depuis, le Sahel a été inondé d’armes et de combattants après la chute de Kadhafi et le Mali, au nord du Burkina Faso, est devenu une plaque tournante du djihadisme.

    Dans le nord du Burkina Faso, les attaques se multiplient à partir de 2015, causant la mort de milliers de personnes et jetant sur les routes des centaines de milliers de familles. Démuni face à la montée de l’extrémisme islamiste qui détruit les équilibres communautaires, il rappelle que les chrétiens ne sont pas les seules victimes de ces atrocités et que les musulmans en payent un lourd tribut. Figure morale et homme de dialogue, il incarne aussi une forme d’autorité stable et respectée malgré les changements de régime successifs.

    En 2014, il est créé cardinal par le pape François et devient ainsi le deuxième burkinabé à recevoir la barrette cardinalice, quatorze années après le décès du cardinal Paul Zoungrana. Il participera ensuite aux deux synodes sur la famille de 2014 et 2015.

    Le cardinal Njue: la résistance au tribalisme au Kenya

    Autre figure respectée en Afrique, mais du côté oriental et anglophone puisque le Kenya est une ancienne colonie britannique, le cardinal John Njue. Il franchira le seuil des 80 ans le 1er janvier 2026. Sa date de naissance a également été modifiée, probablement en raison d’archives approximatives. En 2023, il avait rajeuni officiellement de deux ans, l’annuaire pontifical établissant désormais sa naissance en 1946 et non plus en 1944, même si la date exacte reste inconnue. La date du 1er janvier a donc été inscrite par défaut, comme c’est souvent le cas pour les générations les plus anciennes en Afrique.

    Bien qu’il en avait théoriquement le droit, il n’a finalement pas participé au conclave de mai dernier. Il s’était retrouvé au centre d’une polémique en affirmant ne pas avoir été invité à participer, mais le diocèse de Nairobi tout comme le Vatican avaient indiqué que son état de santé ne lui permettait pas de voyager.

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    Congregation-Cardinaux
    Le cardinal Njue n'a pas pu participer au conclave 2025 en raison d'une maladie | © Vatican media

    Né donc officiellement en 1946 dans le village de Kiriari, à une centaine de kilomètres au nord de la capitale kényane, John Njue exprime dès l’enfance son désir de devenir prêtre et entre au petit séminaire en 1962. Plus tard, il part pour Rome afin de poursuivre sa formation à l’Université pontificale urbanienne où il étudie la philosophie.

    En 1973, il est ordonné prêtre par le pape Paul VI dans la basilique Saint-Pierre. Un an plus tard, après avoir obtenu une licence en théologie à l’Université pontificale du Latran, il repart au Kenya où il exerce d’abord son ministère dans une paroisse et enseigne la philosophie au séminaire national de Bungoma, dans le diocèse de Kakmega. De 1978 à 1982, il est recteur de séminaire puis s’envole pour les États-Unis où il participe durant six mois à un programme de renouveau spirituel. À son retour, il devient curé durant deux ans puis est de nouveau nommé recteur d’un séminaire, celui de Saint-Joseph à Nairobi.

    C’est en 1986 que le pape Jean Paul II le choisit pour être le premier évêque du nouveau diocèse d’Embu. En 2002, il est nommé archevêque coadjuteur de Nyeri, mais n’en devient finalement pas archevêque titulaire: en 2007, il est appelé par Benoît XVI pour devenir l’archevêque de la capitale Nairobi. Il est alors une des grandes figures de l’Église catholique au Kenya puisqu’il est aussi le président de la Conférence des évêques du pays depuis 2006 – et le restera jusqu’en 2015.

    Contre l'excision et la prolifération des sectes

    Créé cardinal en 2007, John Njue veut accompagner la transition de l’Église au Kenya – évangélisée par des missionnaires européens – pour que les catholiques africains se sentent plus autonomes et responsables de leur Église. Comme la plupart des évêques africains, il est un conservateur sur le plan de la doctrine de l’Église et en matière de morale sexuelle. Il assume par ailleurs des appels vibrants contre l’excision, une pratique encore massive dans cette région du monde, et contre la prolifération des sectes.

    En 2015, le cardinal Njue fait face à la terrible attaque du campus de Garissa par des fondamentalistes islamiques al Shabaab. L’attentat fait près de 150 morts parmi les étudiants chrétiens et le monde entier s’émeut de ce drame. Après s’être rendu à la morgue pour se recueillir, le cardinal confie avoir aussi prié pour les tueurs.

    En 2015 encore, et quelques mois seulement après le drame, le pape François vient visiter le Kenya lors de la première tournée africaine de son pontificat. Ce voyage sera marqué par un fort appel du pape argentin contre les divisions tribales. La démission pour raison d’âge du cardinal Njue a été acceptée par le pape François le 4 janvier 2021.

    Inédit: vers une majorité de cardinaux non-électeurs

    Ces deux anniversaires des cardinaux du Kenya et du Burkina Faso, qui s’ajoutent à celui du cardinal Kutwa de Côte d’Ivoire le 22 décembre dernier, vont affaiblir le poids de l’Afrique au sein du collège cardinalice. Celui-ci comptera, au soir du 1er janvier 2026, 123 cardinaux électeurs – toujours trois au-dessus de la limite théorique de 120 fixée par Paul VI – et 122 non électeurs.

    Le 80e anniversaire suivant sera celui, le 5 janvier 2026, du cardinal italien Mario Zenari, toujours en poste à Damas en tant que nonce apostolique en Syrie. Sauf en cas de décès entre temps parmi les cardinaux les plus âgés, cet anniversaire du cardinal Zenari conduira à une situation inédite dans l’histoire de l’Église: pour la première fois, le nombre de cardinaux non-électeurs (123) sera supérieur à celui des cardinaux électeurs (122).

    Le groupe des cardinaux non-électeurs compte l’ensemble des cardinaux de plus de 80 ans, auxquels s’ajoute le cas particulier du cardinal Becciu, qui n’a que 77 ans mais qui a perdu ses prérogatives d’électeur en raison de sa mise en cause dans des affaires de corruption. Après sa condamnation en première instance, en décembre 2023, dans l’affaire de l’Immeuble de Londres, son procès en appel se tiendra en février prochain. En cas d’acquittement se posera la question de sa réintégration parmi les cardinaux électeurs. (cath.ch/imedia/cv/lb)

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