Dans une longue lettre pastorale lue dans toutes les églises du pays, la Conférence des évêques catholiques de Zambie (ZCCB) s’est dite préoccupée par «la détérioration» des relations entre l'Église et le gouvernement.
Dans la lettre pastorale datée du 15 novembre, la ZCCB estime qu’une «relation cordiale entre l’Église et l’État, dénuée de toute concurrence ou rivalité, est essentielle au bien-être général de la nation».
Les évêques sont inquiets notamment de la multiplication «des violations flagrantes» des droits de l'homme, ainsi que des tendances «antidémocratiques» du gouvernement. Ils mentionnent entre autres des détentions provisoires «plus longues» que prescrites par la loi. Au moins six dirigeants et plusieurs autres responsables de partis politiques de l’opposition ont été arrêtés ces derniers temps dans ce pays de 20 millions d’habitants. Des journalistes, des citoyens ordinaires et des leaders d’opinion ont aussi été inquiétés par la police pour avoir exprimé des points de vue contraires ou organisé des manifestations pacifiques. A tout cela s’ajoute les licenciements de juges dans «des conditions controversées».
Cathédrale bouclée
Les évêques appellent le gouvernement à renforcer la lutte contre la corruption, à investir dans les sources d’énergie alternatives, afin de mettre fin à la crise énergétique qui paralyse la Zambie.
Les rapports tendus entre l’Église catholique et le gouvernement ont été illustrés le 28 octobre 2024 avec le bouclage de la cathédrale de Lusaka, la capitale, par la police. Le but était d’empêcher les fidèles d’y effectuer une célébration eucharistique à la mémoire du cinquième président du pays, Michael Chilufya Sata, à l’occasion du 10e anniversaire de son décès. Le gouvernement avait choisi la cathédrale anglicane de la Sainte-Croix pour cette prière. (cath.ch/ibc/com/rz)