Destruction des villages en Roumanie: (100888)
Vienne,10août(APIC) Les autorités roumaines ont commencé à exécuter le
plan qui consiste à détruire 7000 des 13 000 villages roumains pour gagner
300’000 hectares de terre arable. Des journalistes ont révélé que le but
véritable que poursuit le plan serait en fait de déraciner les Roumains
d’origine hongroise et allemande, des minorités nationales de Transylvanie,
une région du nord du pays qui compte environ deux millions de Hongrois et
220’000 Allemands.
A Sinnisolau Mare, village natal du compositeur Béla Bartok, les autorités ont fait démolir des rues entières de maisons construites selon l’architecture locale. Selon des journalistes hongrois qui ont visité la région
à mi-juillet déjà, non sans difficultés, des trous béants remplacent les
anciennes maisons de Sinnicolau Mare. Selon les journalistes de l’hebdomadaire "Elet es Irodalom" (Vie et Littérature) de l’Union des journalistes
écrivains hongrois, le gouvernement roumain a prévu de loger les personnes
déplacées dans des maisons préfabriquées érigées en toute hâte près de Bucarest.
La population rurale désespère. Elle s’attend à tout instant à être envoyée vers la capitale d’ou elle devra ensuite faire de longs trajets pour
cultiver la terre. De plus, indiquent les journalistes, le ravitaillement
dans les campagnes roumaines est déplorable. L’ambiance de répression que
fait règner la Siguranta (police secrète) est insupportable: quiconque proteste est déporté.
La presse roumaine s’est elle-même fait l’écho des difficultés d’adaptation des villageois qui arrivaient dans leurs nouvelles résidences. Le
président Nicolae Ceausescu imagine les 600 centres agricoles qui devraient
remplacer d’ici 1995, les 7’000 villages dévastés: chaque centre serait
pourvu d’un hôpital de 100 lits, d’un jardin d’enfants, d’une pharmacie, de
bains publics, d’un marché, d’une boulangerie, d’installations sportives et
d’un centre culturel qui s’appellerait partout "Hymne à la Roumanie".
(apic/soe/bcy)