Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    handicap international --------- /Mines antipersonnel/Handicap

    Dest: Apic Exp: Cip Date: 3-MAY-1996 17:26:07 Objet:

    International et le nouveau protocole/le terrain reste miné !/

    Handicap international et le nouveau protocole sur les mines "Le terrain

    reste miné pour 26.000 victimes de plus par an !" =

    Bruxelles, 3 mai 1996 (CIP)

    Le nouveau protocole sur les mines antipersonnel, signé le 3 mai à Genève

    après deux ans de négociations, est une "trahison scandaleuse" de dizaines

    de milliers de civils vivant dans les régions minées ainsi que des

    générations futures qui seront les victimes de ces armes inhumaines. C’est

    ce qúaffirment les responsables de Handicap International à Bruxelles, une

    des 450 organisations non gouvernementales (O.N.G.) engagées dans la

    campagne contre ces mines.

    "Le nouveau protocole ne change rien à la menace que constituent les champs

    de mines", souligne Handicap International. "Le protocole révisé n’apporte

    aucune solution notable pour faire cesser la crise humanitaire causée par

    les champs de mines."

    Handicap International Belgique félicite néanmoins la Chambre belge des

    représentants pour avoir voter hier une nouvelle loi qui impose la

    destruction de presque tout le stock des mines antipersonnel de l’armée.

    L’organisation se réjouit aussi du soutien public que la délégation belge a

    apporté à Genève à l’interdiction totale de ces mines. Plusieurs O.N.G. ont

    exprimé l’espoir que de plus en plus de pays adoptent une législation

    analogue à celle de la Belgique.

    La Conférence de Genève, qui avait pour mission de réviser la Convention de

    1980 sur "l’interdiction ou la limitation de l’utilisation d’armes

    classiques produisant des effets traumatiques excessifs ou frappant sans

    discrimination" avait été convoquée pour empêcher que des milliers de

    personnes continuent d’être blessées, mutilées ou tuées suite à la pose de

    mines antipersonnel dans diverses régions du monde. Il s’agissait aussi de

    revoir le protocole II de cette Convention, jugé totalement inefficace. Or,

    selon Handicap International, "le nouveau protocole ne rencontre aucunement

    ces préoccupations".

    La campagne internationale lancée contre les mines antipersonnel n’a cessé

    de mettre en avant le fait que ces armes frappaient de manière aveugle et

    avaient des effets disproportionnés, ce qui en rendait l’usage tout à fait

    inacceptable, au vu des droits humains et des droits humanitaires existant.

    D’où une seule option possible : l’élimination totale de ces armes. C’est

    aussi la seule option défendable aux yeux du Saint-Siège.

    Malheureusement, constate Handicap International, la révision du protocole

    "a tellement dégénéré que le nouveau texte... encourage en fait la

    production et l’usage d’une nouvelle génération de mines". Les O.N.G.

    adhérant à la campagne contre les mines crient donc au "dangereux

    précédent".

    Mais par-dessus tout, aux yeux de Handicap International, "cela signifie

    qúon renonce, de manière cynique, aux principes humanitaires qui forment le

    coeur du droit international de la guerre". Comment en est-on arrivé là?

    "Dans la pratique, le processus de révision du protocole a toujours donné

    la préférence aux arguments des militaires, au détriment des garanties pour

    la protection des civils."

    Points faibles

    Le nouveau protocole signé à Genève n’interdit pas l’usage des mines

    antipersonnel, ni même des mines programmées pour se détruire après une

    période donnée. Il n’interdit, moyennant un période transitoire de neuf

    ans, que l’usage de mines non détectables. Par ailleurs, dans certaines

    circonstances, l’usage de toutes sortes de mines est autorisé. La

    définition même d’une "mine antipersonnel" n’a guère été creusée, sinon

    pour préciser leur "visée principale". Mais tant que de telles mines seront

    présentées comme des armes dont la "visée principale" est d’exploser au

    passage de quelqúun, on laisse la porte ouverte à l’exploitation sans

    contrôle de divers engins de conception analogue, mais rangés sous d’autres

    notions. Il en va ainsi des mines plus sophistiquées conçue pour rendre des

    pistes d’atterrissage inaccessibles, ou pour menacer le travail des équipes

    humanitaires de démineurs, etc.

    Le protocole tolère aussi le largage et la production de mines capables de

    se neutraliser après un certain temps. Sous ce faux argument d’une plus

    grande "fiabilité", note Handicap International, on encourage ainsi la

    production d’engins "totalement incapables de faire la distinction entre un

    soldat et un civil".

    Par ailleurs, selon les O.N.G., le nouveau protocole ne prévoit pas de

    mécanisme efficace pour contrôler ou imposer l’application des règles.

    Ainsi, bien que le protocole ne s’étende qúà des conflits internes aux

    Etats signataires, chaque Etat concerné a toute latitude pour déterminer si

    tel ou tel trouble est un "conflit interne".

    Les amendements du nouveau protocole n’entreront pas en vigueur

    immédiatement, mais pour la plupart, seulement au cours des neuf années à

    venir. Durant cette période de transition, rien n’est prévu pour arrêter la

    fabrication, le commerce et l’usage de mines antipersonnel, voire des mines

    non détectables. "Le terrain reste donc miné pour 26.000 victimes de plus

    par an !", déplore Handicap International.

    Les O.N.G. ont tout fait pour qúon introduise, dans le protocole, une

    petite clause de révision automatique tous les cinq ans. Une révision est

    effectivement prévue pour 2001. Mais la règle d’une révision automatique

    n’est pas acquise.

    Une seule consolation pour les O.N.G. qui ont rallié la campagne

    internationale contre les mines antipersonnel : l’opinion mondiale est

    davantage mobilisée contre ces engins. En septembre 1995, on dénombrait

    tout juste une douzaine de pays totalement opposés aux mines antipersonnel.

    Actuellement, ils sont 34 à prôner l’interdiction totale.

    Toutes les O.N.G. en campagne contre les mines réaffirment plus que jamais

    leur revendication radicale d’une "interdiction totale de l’usage, de la

    production, du commerce et du stockage des mines antipersonnel", car cette

    interdiction "est la seule solution possible pour mettre fin à cette crise

    humanitaire" (1).

    (1) Handicap International, rue de Spa, 67 - 1040 Bruxelles (tél.

    02/280.16.01 ; fax 02/230.60.30).

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus