Des séminaristes travaillent en usines (190888)
Lenzbourg,19août(APIC/Brigitte Cosandey) Pas moins de 120 séminaristes
innovent actuellement en Europe un nouveau style de vacances. Parmi ceuxci, une trentaine dispersés en Suisse, entre le Valais, Fribourg, la Suisse
alémanique et le Tessin, venus de France, d’Autriche, d’Italie, du Lichtenstein et de Suisse. Pendant un mois, ils travaillent dans des usines, des
jardins et des grands magasins. Ils en profitent pour vivre dans un nouveau
climat communautaire. Le revenu de leur travail servira notamment à financer divers projets dans des pays du Tiers-Monde et des pays en guerre.
L’initiative proposée par les séminaristes du mouvement des Focolari a
interpellé un nombre inattendu de jeunes théologiens d’Europe. "Elle a pour
but de créer une communion mondiale entre tous les séminaristes" comme le
souligne Ruedi Beck, coordinateur de ces communautés de travail en Suisse.
D’ici à 1989, les séminaristes d’Europe ont prévu de trouver 240’000
francs. La moitié devrait permettre à des séminaristes des pays du TiersMonde de mener à bien certains projets de développement dans des bidonvilles d’Amérique latine et des Philippines et d’apporter une aide à des pays
sinistrés (Colombie, Liban notamment). L’autre moitié de la somme donnera
la possibilité à des séminaristes de tous les continents de pouvoir participer à un congrès mondial des séminaristes qui aura lieu en décembre 1989
à Rome.
"Il est en effet important de se rencontrer entre séminaristes du monde
entier pour construire ensemble l’Eglise de demain et comprendre l’esprit
qui anime l’Eglise universelle" fait remarqué le coordinateur.
"En Suisse il est prévu que nous récoltions pour le projet, 15’000
francs d’ici septembre" déclare Ruedi Beck. Le reste de l’argent récolté
doit couvrir les dépenses faites durant ce mois. De plus, chacun garde le
20% de ce qu’il a gagné. L’an prochain l’expérience devrait se renouveler.
Trouver un travail pour les étrangers ne fut pas toujours facile. Dans
certains cantons, la police avait refusé d’octroyer un permis de travail.
"Quand je leur ai expliqué le but que l’on poursuivait, elle a tout de suite accepté de faire une exception".
Bien que dispersés dans plusieurs régions de la Suisse, les jeunes théologiens se rencontrent tous les week-ends, lors desquels ils approfondissent un thème: "Etre prêtre aujourd’hui", "L’Eglise après le Concile" ou
"L’athéisme" notamment. Au cours de la semaine, tous les moyens sont bons
pour garder le contact entre eux. Un téléphone conférence par exemple, leur
permet d’échanger leurs expériences au service des autres là ou ils travaillent. Un contact qu’ils maintiennent aussi avec les séminaristes des
autres pays d’Europe qui vivent actuellement dans des communautés de travail. (apic/bcy)