Des richesses à partager
role et travail en carrefours linguistiques, la besogne n’a pas manqué à
Mgr Schwery: l’occasion de mieux comprendre les problèmes auxquels l’Eglise
est confrontée, à l’Est comme à l’Ouest; de faire entendre aussi sa voix,
dans le concert des propositions avancées. Une telle assemblée, c’est aussi
la chance de rencontrer des évêques qui ont souffert et résisté et de prendre conscience que la pauvreté est une réalité en Europe de l’Est, a relevé
l’évêque de Sion. Et de constater, bien malgré soi, que les bases du dialogue sont différentes: ce qui est vu à l’Ouest comme une nouvelle évangélisation est bien souvent ressenti à l’Est comme du prosélytisme, ce qui explique en partie les difficultés du dialogue entre les catholiques et les
orthodoxes.
Les Eglises de l’Est et de l’Ouest ont quelque chose à s’apporter mutuellement, l’Assemblée l’a souligné: si les premières enrichissent les secondes par leurs témoignages de foi, les Eglises de l’Ouest ont, plus qu’un
soutien financier et moral nécessaire, à apporter leur expérience pastorale
d’après Vatican II.
L’Eglise doit participer à la construction de l’Europe
Le document final, s’il n’avance pas de propositions pastorales concrètes, propose "des références fondamentales sur lesquelles on va devoir se
poser des questions", a ajouté Mgr Schwery. En tout cas, il exprime la volonté de l’Eglise de participer à la construction de l’Europe de demain.
Mais pas n’importe comment: car "l’Europe doit se faire une âme avant de se
faire une économie", l’évêque de Sion en est persuadé.
L’Eglise doit défendre les minorités, les autonomies locales et les cultures et promouvoir le respect de l’homme dans l’Europe qui se fait. "C’est
tout un état d’esprit, qu’il s’agit de faire passer dans les faits, par
exemple en ouvrant la réflexion dans les Conseils pastoraux diocésains", a
affirmé Mgr Schwery. Pour lui, l’Eglise doit être présente dans tous les
milieux de vie afin de donner une réponse évangélique aux défis du monde
moderne, aux soifs et aux souffrances qui interrogent l’homme du XXe siècle.
Sur le plan religieux, l’Eglise doit développer le dialogue oecuménique
avec les frères chrétiens, mais aussi avec les juifs et les musulmans pour
progresser dans une compréhension réciproque. Jean Paul II lui-même, dans
une intervention improvisée en conclusion de l’Assemblée, a insisté sur
l’importance de la prière en commun, une réalité qui lui tient à coeur.
(apic/id/mp/pr)