Dernier jour du voyage du pape en Hongrie (200891)
Budapest, 20août(APIC) Le pape Jean Paul II a évoqué mardi les événements
en Union Soviétique au cours d’une messe célébrée sur la Place des Héros à
Budapest. Au dernier jour de sa visite en Hongrie, le cinquième passé dans
ce pays, le pape a souhaité que le processus initié par Gorbatchev "ne
s’arrête pas". Peu avant la célébration de la messe, le pape avait rencontré les malades et les personnes âgées dans la basilique Saint Etienne,
dans la capitale hongroise.
"Devant les nouvelles qui proviennent d’Union Soviétique", il faut prier
pour demander à Dieu que "soient épargnées de nouvelles tragédies" à ce
grand pays. "Je souhaite dans la prière que les efforts faits au cours des
dernières années pour redonner voix et dignité à une société ne soient pas
mis en danger maintenant".
Le pape a encore rappelé "avec gratitude" ses rencontres avec le président Gorbatchev, le 1er décembre 1989 et le 18 novembre 1990: "J’ai particulièrement apprécié la sincère volonté qui le guidait, ainsi que la haute
inspiration qui l’animait pour la promotion des droits de l’homme et pour
l’engagment en faveur du bien de son pays et de la communauté internationale".
S’adressant ensuite aux fidèles massés sur la Place des Héros, le pape
leur a demandé d’être conscients "du grand bonheur" que représente pour
leur avenir "la liberté conquise de manière irréversible".
Présent lors de cette cérémonie en compagnie d’autres membres du Corps
diplomatique, l’ambassadeur soviétique en Hongrie, Ivan Aboimov, a quitté
la Place en apprenant que le pape Jean Paul II allait s’exprimer sur l’Union Soviétique.
Hommage à saint Etienne
La messe célébrée par le pape lundi matin coïncidait avec la fête de
saint Etienne (975 - 1038), premier roi de Hongrie et patron du pays. Au
cours de l’homélie, le pape a qualifié le roi Etienne de "grand roi" et de
"véritable père de la nation", en raison de sa manière vigoureuse de gouverner et de son identité spirituelle. "Saint Etienne vous a laissé un testament spirituel, un héritage de valeurs fondamentales et indestructibles:
la véritable maison bâtie sur le roc", a encore déclaré le pape.
Selon Jean Paul II, la Hongrie s’achemine aujourd’hui vers une situation
nouvelle. Toutefois, a-t-il relevé, "il faut que ses habitants sachent refréner leurs désirs excessifs de recherche égoïste du bien-être individuel,
ainsi que la tentation d’une agressivité qui pourrait opposer les citoyens,
les groupes et les classes sociales". La Hongrie, a poursuivi le pape, "a
été libérée de l’oppression étrangère; voici venue l’heure où elle doit se
libérer des chaînes intérieures des différentes formes d’esclavage. Votre
maison ne poura être heureuse et sûre que si vous vous engagez dans la construction de la ’maison commune européenne’ dans une attitude loyale et généreuse d’ouverture, de solidarité et de coopération".
Rencontre avec les évêques
Avant-dernier acte de son voyage en Hongrie avant son départ pour Rome,
la rencontré en début d’après-midi avec les évêques de la Conférence épiscopale hongroise, avec lesquels il s’est entretenu de "la responsabilité
historique" qui incombe aux évêques "face aux défis nouveaux auquels la
Hongrie est appelée à se mesurer aujourd’hui".
le pape a demandé aux évêques d’éviter un pessimisme fataliste" sur la
présence de la foi dans le monde. Il a observé qu’" en Hongrie, aux blessures laissées par des décennies de régime communiste, s’ajoutent actuellement les risques qui viennent de l’Occident.
Peu après 17 heures, le pape est reparti pour Rome. Au cours de la cérémonie d’adieu à laquelle assistait le président de la République Arpad
Göncz, Jean Paul II a expliqué aux Hongrois qu’il était venu en Hongrie
"pour remercier Dieu avec eux (...) pour la possibilité offerte de créer
une nouvelle société fondée sur la justice et la liberté". Le pape a enfin
lancé un appel pour que l’Etat et l’Eglise en Hongrie unissent leurs forces
au service du bien commun. (apic/jt/pr)