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    Cameroun: L’ACAT dénonce une vague de répression contre les opposants

    Dénoncer la corruption et la dérive autoritaire du régime devient dangereux

    Douala, 26 avril 2013 (Apic) L’ACAT-Littoral et de l’ACAT-France dénoncent la vague de répression dont sont victimes ceux qui dénoncent la corruption et la dérive autoritaire du régime en place ou le règne sans fin du président Paul Biya, au pouvoir depuis 1982. Ils déplorent que le gouvernement français reste silencieux sur les violences dont sont victimes plusieurs membres de la société civile – cinéastes, artistes et défenseurs des droits de l’homme.

    Alors que le président Paul Biya reçoit tous les honneurs de la France pour la forte implication des autorités camerounaises dans la libération de la famille Moulin-Fournier, ces mêmes autorités françaises restent silencieuses quant à la vague de répression qui touche actuellement le pays, déplore l'ACAT (Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture) dans un communiqué diffusé le 26 avril.

    L'organisation cite le cas du cinéaste Richard Djimeli, membre de l’Association de défense des droits des étudiants du Cameroun, enlevé dans la nuit du 23 au 24 mars à Yaoundé par quatre individus armés. Il a été détenu au secret pendant 10 jours et torturé pour avoir réalisé le film "139… Les derniers prédateurs", qui raconte l’histoire d’un dictateur africain dans un pays imaginaire. Dans les semaines qui ont précédé son enlèvement, Richard Djimeli et les acteurs du film ont reçu de nombreuses menaces de mort. Les autorités camerounaises qui avaient été informées de ces menaces puis de l’enlèvement de Richard Djimeli ne se sont à aucun moment donné les moyens d’assurer la protection du cinéaste et de retrouver les auteurs et responsables de son enlèvement, dénonce l'ACAT. Craignant pour sa vie, Richard Djimeli vit aujourd’hui dans la clandestinité, de même que la plupart des acteurs du film.

    Appel auprès du Cameroun et de l'Union européenne

    L’ACAT-Littoral et de l’ACAT-France citent de nombreux autres cas de répression, d'intimidation ou de menaces à l'égard d'opposants au régime ou de membre de leur famille. Elles lancent un appel aux autorités camerounaises en vue de faire cesser cette répression, de mener une enquête sur les nombreux cas de violence ou d'intimidation à l'égard des opposants au régime et de traduire leurs auteurs en justice. Elles demandent à l'Union européenne de dénoncer publiquement ces attaques et d'interpeller les autorités camerounaises pour qu’elles respectent leurs obligations. (apic/com/bb)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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