Alors que l’Église orthodoxe russe affirme constamment défendre les valeurs chrétiennes traditionnelles face à un Occident décadent, une démonstration para-militaire, donnée par des enfants armés dans une église près de Moscou, sème le trouble.
Le 15 février 2026, dans l'église orthodoxe-russe de Saint-Pierre-et-Saint-Paul, à Obukhovo, près de Moscou, des mineurs du centre local d'éducation patriotique 'Dynamite' ont exécuté des exercices comportant des éléments de combat au corps à corps, en visant et en imitant des tirs d'armes automatiques sur les icônes de la Vierge Marie, du Sauveur et des saints orthodoxes situées en face d'eux.
Cette ‘cérémonie’ s’est déroulée avec la bénédiction du recteur et en présence du clergé en tenue liturgique et de centaines de paroissiens. Cette performance visait à montrer comment les jeunes apprennent à combattre les Ukrainiens. Les enfants en uniforme militaire ont été applaudis par le clergé et la foule rassemblée.
Un blasphème et un sacrilège
Largement diffusée par des vidéos sur les réseaux sociaux, cette démonstration n’a pas manqué de susciter de vives réactions, beaucoup y voyant un acte blasphématoire. Si les parades de jeunesse para-militaires sont courantes depuis l’époque soviétique, elles ne se tiennent normalement pas dans des lieux sacrés, ni avec la bénédiction du clergé.
«Ce qui s'est passé est un blasphème et un sacrilège. Les organisateurs de l'événement, ainsi que le recteur et les autres prêtres qui l'ont toléré, devraient au moins être suspendus par l'Église», estime Serhii Shumylo, docteur en histoire et en théologie ukrainien.
L’idéologie du 'monde russe'
Selon lui, la militarisation de la vision du monde et des rituels de l'Église russe provient directement du patriarche Cyrille de Moscou. Cet incident troublant illustre de manière frappante l'adoption par l'Église de l'idéologie du «monde russe», que le patriarche de Moscou promeut ouvertement depuis les chaires des églises afin de justifier et de légitimer la guerre de la Russie contre l'Ukraine. «Le poisson pourrit par la tête», conclut-il. (cath.ch/risu/mp)