Démographie : Mgr Martin (Justice et Paix) dénonce (041188)
Rome, 4 novembre (APIC/CIP) Les Nations-Unies abordent "de façon très
négative" la question de la surpopulation, tant de la situation actuelle
que des perspectives d’avenir. Une vision qui est le prétexte de campagnes
de limitation des naissances, le plus souvent dans les pays les plus
pauvres, constate Radio Vatican dans une émission consacrée à la situation
démographique dans le monde.
Radio Vatican dénonce à ce propos le "chantage" auquel sont soumis des
pays récalcitrants, menacés de voir l’aide économique et sanitaire qui leur
est accordée limitée de façon drastique.
Interviéwé à ce sujet par Radio Vatican, Mgr Diarmuid Martin, soussecrétaire de la Commission pontificale "Justice et Paix" et membre de la
délégation du Saint-Siège à la conférence mondiale sur la population tenue
à Mexico en 1984, souligne l’importance de la contribution du Saint-Siège à
ce débat. Le but de l’Eglise, dit-il, est de faire en sorte que les couples
soient conscients de leur devoir de paternité, afin que celle-ci soit
responsable, "dans le respect des lois de Dieu, de leur dignité et de leur
vraie liberté", comme de leur responsabilité vis-à-vis d’eux-mêmes, de
leurs enfants, de la famille et de la société.
Mgr Martin observe que la croissance démographique est souvent présentée
comme le principal obstacle au développement. Le risque existe, dit-il, que
l’on exploite ce problème "pour en faire un paravent qui voile la réalité
et empêche d’identifier les vrais problèmes".
Les vrais problèmes ? Il y a dix ans, rappelle Mgr Martin, on attribuait
à la surpopulation la pénurie alimentaire dans certains pays, comme l’Inde,
le Pakistan ou le Bangladesh. Or, il s’agissait en réalité d’un problème
agricole. De même pour la mortalité infantile, qui s’est révélée un
problème d’ordre médical.
Trop souvent aussi, le problème de la surpopulation a été lié à celui de
la pauvreté, poursuit Mgr Martin, comme en témoignent les campagnes de
stérilisation, "une réelle discrimination".
Une solution adéquate doit partir d’une vision ou l’on considère que
toute personne est capable de répondre, et pour autant que sa dignité soit
respectée, au défi qui est posé. "Il faut, conclut le sous-secrétaire de
"Justice et Paix", que, au moment de rechercher des solutions, la dimension
éthique soit toujours au centre des préoccupations." (apic/jt/bd)