Démobilisation des soldats au Mozambique (210793)
des Eglises romandes reprennent du service
Lausanne, 21juillet(APIC) Partie prenante dans le processus de paix au
Mozambique, l’Eglise presbytérienne de ce pays a sollicité l’aide du Département missionnaire des Eglises protestantes de Suisse romande (DM), dont
le siège est à Lausanne. Une équipe médicale, formée notamment d’infirmières retraitées, est en partance pour Maputo, la capitale du Mozambique. Objectif de cette mission inhabituelle pour le DM: la démobilisation des soldats, en l’occurence ceux de la RENAMO, le Mouvement de la résistance nationale mozambicaine. L’opération est placée sous l’égide d’organisations
des Nations Unies.
Un médecin, trois infirmières et une personne chargée de la logistique
attendent depuis plusieurs mois le feu vert de l’Organisation mondiale de
la Santé (OMS) pour gagner le camp de Changanine, à quelque 200 kilomètres
de Maputo. Ils procèderont là aux opérations de démobilisation des soldats
de la RENAMO, souvent des adolescents enlevés de force pour servir dans les
rangs de la résistance.
Les envoyés du DM auront pour tâche de contrôler l’état de santé des
soldats et de les soigner le cas échéant avant qu’ils ne soient renvoyés
chez eux. L’équipe médicale étendra également son action aux populations
vivant dans les alentours du camp. Avec le retour à la paix, cette région
située dans la zone d’influence de la RENAMO, enregistre une augmentation
mensuelle de 5% de la population, explique Pierre Jeannet, chef de projets
du DM.
Faute de personnel disponible, connaissant les coutumes et la langue locale, le "tsonga", le DM a dû faire appel à deux anciennes infirmières en
poste au Mozambique, qui ont accepté de reprendre du service. Elles s’envoleront début août à destination de Maputo. Mais non sans quelque appréhension. Des frictions politiques, le manque de sécurité - la région n’est pas
déminée - ont conduit l’OMS à reporter plusieurs fois le déclenchement du
processus de démobilisation. Aucune date pour le début des opérations n’a
encore été arrêtée. Du côté du DM, on se déclare prêt à intervenir.
Mettre fin à près de 15 ans de guerre civile
Deux raisons ont amené l’Eglise presbytérienne du Mozambique à faire appel à l’organisation des Eglises protestantes romandes: celle-ci bénéficie
d’un long passé missionnaire dans la région; la RENAMO, méfiante à l’égard
de représentants du gouvernement - elle craint des actes de représailles fait davantage confiance à des envoyés étrangers.
Dans une autre région du Mozambique, sous influence gouvernementale, le
DM, en collaboration avec l’Eglise presbytérienne, entend favoriser le retour à la terre des soldats démobilisés et des personnes déplacées ou exilées. Ce volet agricole, chiffré à 60’000 francs suisses, est partiellement
pris en charge par le DM, alors que l’action sanitaire est financée à raison de 220’000 francs par la Confédération (DDA). L’OMS prenant à sa charge
le matériel et les salaires des envoyés suisses. Le processus de démobilisation au Mozambique est inclu dans les accords de paix signés à Rome en
1992 entre le gouvernement et la RENAMO pour mettre fin à près de 15 ans de
guerre civile. (apic/spp/pr)