Les évêques et l’Etat se prononcent sur les questions de bioéthique
Delémont 3avril(APIC) Si l’enfant est un don de Dieu, quel est dès lors
le rapport qu’il faut installer entre la loi et la réflexion ethique
s’agissant du rapport génétique? Cette question brûlante a fait la une de
l’actualité au Conseil national lors de sa séance de printemps. De leur côté, les évêques suisses ont lancé un appel au respect absolu de la dignité
de l’enfant et de la famille. A Delémont, une troisième et dernière conférence, donnée par Alberto Bondolfi, fera le point sur ce dossier jeudi 11
avril. Docteur en théologie, A. Bondolfi est chargé de cours à la Faculté
de théologie et à l’Institut d’éthique sociale de l’Université de Zurich;
il est de plus membre de l’Académie suisse d’éthique biomédicale.
On se souvient que suite à l’initiative du "Beobachter" qui, en 1985,
avait lancé une campagne contre l’application abusive des techniques de reproduction et de manipulation génétique, le Conseil fédéral avait déposé un
contre-projet. Aujourd’hui, Le Conseil national vient de trancher en matière de procréation artificielle. S’il dit oui du bout des lèvres à la fécondation in vitro, il s’oppose en revanche à la création d’embryons surnuméraires. Le Conseil d’Etat s’est quant à lui prononcé pour un projet plus
restrictif et plus précis en matière de fécondation assistée. Le nouvel article constitutionnel interdira tout commerce ou don d’embryons, ainsi que
les mères-porteuses. Pour sa part, l’Académie suisse des sciences médicales
vient de publier ses propres directives en la matière: réglementation de
l’application des techniques génétiques en matière de thérapie des stérilités, mais aussi dans le domaine du diagnostic prénatal et en cas de maladie
grave transmissible. Le peuple bâlois enfin a dit non à la fertilisation in
vitro et à l’insémination pratiquée avec le sperme d’un donneur anonyme.
La position de l’Eglise
La Conférence des évêques suisses (CES) a rappelé l’importance morale de
l’enjeu. Elle a par ailleurs invité les citoyens chrétiens à prendre leurs
responsabilités. Sa position est claire: non à la fécondation in vitro et à
la création d’embryons surnuméraires, non à la procréation médicalement
asssistée dans le cas de couples non mariés, non à la fécondation hétérologue, non aux don et au commerce d’embryons. Les évêques ont lancé un appel
en faveur de lois civiles qui n’entreraient pas en contradiction avec les
lois morales. ILs insistent auprès des médecins et des scientifiques afin
que les choses avancent en matière de traitement de la stérilité. Ils souhaitent enfin que les couples concernés renoncent à la procréation assistée
car, disent-ils, "l’accueil d’un enfant ne souffre pas d’être réduit à
l’obtention d’un droit". (apic/sic/ecl)