Delémont: Assemblée de l’Association des amis de l’Université de Fribourg
Delémont, 25octobre(APIC) L’Association des amis de l’Université de Fribourg a tenu son assemblée annuelle vendredi et samedi à Delémont. Par le
choix de la capitale jurassienne, après celui de Lucerne l’an dernier,
L’Association entend renforcer les liens entre l’Université et ses anciens
et amis dans toutes les régions du pays. L’occasion aussi pour trois historiens jurassiens de présenter samedi matin lors d’un colloque le fruit de
leurs travaux sur l’évolution du catholicisme politique et social dans le
Jura.
L’assemblée statutaire du vendredi soir a vu l’élection de Mgr Alfons
Klingl, vicaire général du diocèse de St-Gall au sein du Comité. L’assemblée a en outre admis une augmentation de la cotisation annuelle. Wylli
Kaufmann, secrétaire de l’Association des amis de l’Université de Fribourg
et rédacteur en chef de "Civitas", a souligné le rôle de l’Association dans
le maintien des liens entre les anciens de l’Alma Mater fridans le soutien direct au développement de l’Université. L’Association participe aussi à la Collecte du premier dimanche de l’avent en faveur de
l’Université de Fribourg, placée cette année sous le slogan : "De la poursuite du progrès à la quête du sens".
Le colloque de samedi matin, sous la direction de Bernard Prongué, professeur d’histoire à l’Université de Fribourg, a permis d’aborder le thème
de l’évolution du catholicisme jurassien entre la tradition et la modernité. Dominique Pronguée, jeune historienne jurassienne qui vient de voir publier son mémoire de licence, a présenté la vie et l’oeuvre de Joseph
Trouillat, militant du nationalisme jurassien de la seconde moitié du XIXe
siècle. En 1860, il fonde le journal le "Réveil du Jura" avec le slogan
"jurassien avant tout!". Pour lui la défense du catholicisme correspond
avec la défense de l’identité jurassienne contre la pression centralisatrice bernoise et les idées radicales. L’originalité de la recherche réside
surtout dans une étude sociologique des lecteurs et abonnées du "Réveil du
Jura". Dominique Pronguée s’est vu décerner le prix de la société des étudiants jurassiens, la Jurassia, pour ce travail. Elle en partagera le montant avec l’Université Quart-monde d’Ile-de-France où elle a passé quelques
mois comme volontaire.
Jean-François Roth, avocat et député jurassien au Conseil des Etats, est
revenu à ses ’premières amours’ pour publier avec Claude Hauser un ouvrage
sur le catholicisme politique jurassien entre 1873 et 1896. Autour de deux
personnalités, Mgr Xavier Hornstein, curé-doyen de Porrentruy, et Ernest
Daucourt, fondateur du journal "Le Pays", Jean-François Roth dépeint les
luttes souvent fratricides entre les catholiques libéraux et les conservateurs ultramontains. Ces luttes se termineront par la victoire de Daucourt
et des conservateurs et par "l’exil" de Mgr Hornstein à l’archevéché latin
de Bucarest. La vision populaire, conservatrice et ultramontaine du catholicisme jurassien prédominera jusqu’en 1945.
Claude Hauser, assistant à l’Université de Fribourg, s’est interessé de
son côté à présenter un portrait collectif de l’étudiant jurassien à l’Université de Fribourg entre 1891 et 1974. Avec le collège St-Charles à Porrentruy, le collège de St-Maurice en Valais et celui de St-Michel à Fribourg, l’Université de Fribourg forme la filière de la majorité des intellectuels jurassiens. Il distingue trois moments dans l’évolution de l’étudiant catholique jurassien. Le premier est celui du défi chrétien-social
marqué par l’encyclique "Rerum Novarum" du pape Léon XIII en 1891. Le second moment est celui de l’émergence de la Question jurassienne dès 1947.
Enfin à l’époque de Vatican II dans les années 1960, l’engagement qui aboutira à la création du canton du Jura en 1978 et à la consécration de l’autonomie de l’Eglise avec la mise sur pied du statut ecclésiastique cantonal
en 1979. (apic/mp)