Déclaration des évêques sur la révision du Code pénal militaire (260491)
Fribourg, 26avril(APIC) La votation du 2 juin prochain sur le "projet
Barras" de modification du code pénal militaire ne satisfait pas à la totalité des exigences éthiques de la Conférence des évêques suisses (CES), qui
laisse cependant aux citoyens la liberté de vote. Dans un communiqué publié
vendredi 26 avril, la CES affirme que devrait être reconnu aux objecteurs
le droit de suivre leur conscience.
Pour la CES, si "la volonté de renoncer à une peine d’emprisonnement
pour les objecteurs de conscience mérite d’être saluée", "’l’astreinte au
travail’ prévue par la révision a encore le caractère d’une peine, car
l’objecteur de conscience continue à être déclaré coupable". De plus, affirment les évêques, "la révision ne tient aucun compte de l’indivisibilité
de la conscience". Ils rappellent le devoir pour chacun de "former sa propre conscience, aussi en vue du service qu’il doit rendre à la communauté".
Dans son communiqué, la CES relève que la question de l’objection de
conscience "ne trouvera une solution équitable que lorsque tous pourront
accomplir leur service à la communauté dans la fidélité à leur conscience".
Le "projet Barras", adopté par les Chambres fédérales en 1990, a fait
l’objet de critiques de la part de plusieurs organisations catholiques qui
lui reprochent notamment de maintenir la discrimination entre "vrais" et
"faux" objecteurs de conscience, de ne pas respecter l’indivisibilité de la
conscience et de ne pas ôter à l’objection de conscience son caractère criminel, car elle continuerait à être jugée par des tribunaux militaires.
(apic/com/cor)