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    Appel à la solidarité et à la responsabilité personnelle

    Déclaration des évêques de France sur le sida (090189)

    Paris, 9janvier(APIC) Les évêques français ont lancé lundi 9 janvier un

    appel à la solidarité avec les malades du sida. Dans une déclaration rendue

    publique à Paris, le Conseil permanent de l’épiscopat français rappelle la

    grave menace que le sida représente pour la santé publique et reconnaît la

    nécessité d’un effort national de prévention. Si des moyens prophylactiques

    existent, les évêques de France relèvent cependant qu’il est contestable de

    réduire la prévention à leur seul emploi et réaffirment "la dignité de

    l’amour humain vécu dans le mariage et dans la fidélité".

    Une telle épidémie suscite des réactions de peur et de rejet. "Nous invitons les catholiques à garder ou à retrouver le sens de la solidarité et

    de la responsabilité personnelle", soulignent-ils. Ils rappellent également

    aux personnes séropositives le devoir impératif de ne pas transmettre la

    terrible maladie.

    Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France espère que

    le pays continuera à s’honorer en soignant chaque malade selon ses besoins,

    malgré le fait que le nombre des malades va augmenter ainsi que le coût des

    traitements et la charge pour le personnel soignant. "Jésus-Christ a

    accueilli tous les malades qu’il rencontrait", soulignent les évêques

    français.

    Briser l’isolement des séropositifs

    Sans être malades, les personnes séropositives peuvent transmettre par

    des contacts sanguins ou sexuels le virus qui les a contaminées. Elles ont

    le devoir impératif d’y prendre garde. Le respect de la santé et de la vie

    d’autrui est une valeur morale capitale, affirme la Déclaration. Les

    évêques demandent alors à chacun de comprendre le fardeau qui pèse sur ceux

    qui apprennent qu’ils sont devenus séropositifs : "ils se savent menacés

    dans leur existence même, ils ne peuvent plus donner la vie sans risquer de

    transmettre le virus, lorsqu’ils en parlent à autrui, ils se heurtent souvent à des réactions d’incompréhension et de rejet."

    Et de saluer l’existence d’associations qui ont su créer des réseaux de

    solidarité pour briser l’isolement de ces malades potentiels. La tâche est

    en effet immense : "Dans les années qui viennent, des dizaines de milliers

    de personnes auront à porter le poids de leur séropositivité; trouverontelles le soutien qui leur permettra de faire le chemin nécessaire pour

    retrouver l’espérance ? Rencontreront-elles des témoins de la tendresse de

    Dieu ?"

    Pour un effort national de prévention

    La gravité de la situation sanitaire exige un effort national de prévention. Celui-ci est place sous la responsabilité des pouvoirs publics et la

    collaboration de tous est nécessaire, affirment les évêques. Le virus est

    transmis par l’échange de seringues. Plus que jamais un effort de prévention de la toxicomanie est indispensable. L’usage de drogues, pour l’épiscopat, est souvent un signe et une conséquence d’une désinsertion sociale

    et d’un désarroi spirituel. L’ensemble de la société doit donc s’interroger

    sur les exclusions qu’elle crée et les raisons de vivre qu’elle propose.

    Le virus est également transmis par voie sexuelle, souligne la Déclaration. La population tout entière et notamment les jeunes doivent être informés des risques que font courir les rapports sexuels avec une personne

    contaminée. Des moyens prophylactiques existent. Il est cependant contestable de réduire la prévention à leur seul emploi.

    En conclusion, les évêques de France estiment que l’épidémie actuelle

    est l’occasion pour chacun de s’interroger sur ses comportements : "Notre

    société a trop facilement accepté et même encouragé les rencontres

    éphémères et l’exercice de la sexualité dissocié de tout véritable

    engagement conjugal et parental; nous manquerions à notre mission si nous

    restions muets devant l’extension de conduites sexuelles qui dénaturent le

    sens même de la sexualité et multiplient les risques de l’épidémie, si nous

    ne rappelions pas la dignité de l’amour humain vécu dans le mariage et la

    fidélité et si nous n’invitions pas chacun à la chasteté, au respect de son

    corps et du corps d’autrui, selon sa condition, célibat ou mariage.

    Avec les organisations internationales, le Conseil permanent de l’épiscopat français appelle encore à un effort de solidarité avec les pays qui

    disposent de peu de moyens pour veiller à la sécurité des transfusions sanguines et soigner les malades, un effort à la mesure de l’ampleur de l’épidémie. (apic/be)

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