Rome, 6novembre(APIC) A la veille de son voyage en France, durant lequel
il participera à une célébration avec les évêques réunis à Lourdes avant de
rencontrer à Paris M. Chirac et peut-être M. Mitterrand, le patriarche
maronite Nasrallah Sfeir, de retour d’ Union soviétique, a accordé une
interview à "Trente jours dans l’Eglise et dans le monde".
Le chef spirituel des chrétiens libanais exprime sa satisfaction pour
l’aide apportée par la France au Liban : "Avec la France, nous avons des
relations qui remontent loin dans l’histoire, du temps du roi saint Louis.
La France a aussi été la puissance mandataire chargée de conduire de 1920 à
1943 le Liban à l’indépendance". Face à l’impuissance ressentie en certaines occasions, le patriarche ajoute : "Mais nous savons tous qu’il n’y a
pas un seul Etat qui puisse à lui seul résoudre le problème libanais. Il y
a tellement d’intérêts en jeu, tellement de parties sur le terrain qu’il
faudrait une concertation entre plusieurs Etats".
C’est précisément ce qui l’a amené à se rendre récemment en Union soviétique : "Avec ses dirigeants nous avons parlé de paix et surtout de paix au
Liban", affirmant que les autorités soviétiques étaient d’accord avec lui
sur "la nécessité de mesures urgentes et radicales, sans attendre la conférence pour la paix au Moyen-Orient". C’est la première fois en 1300 ans
qu’un patriarche maronite se rendait en URSS. Interrogé enfin sur les élections présidentielles qui devraient se dérouler l’été prochain, Mgr Sfeir
se déclare "favorable à des élection qui aient lieu à leur échéance normale
et qui se déroulent démocratiquement dans un climat de liberté. Ce n’est
qu’ainsi, poursuit-il, que la continuité de l’Etat libanais pourra être assurée et que sera évité un vide constitutionnel qui aurait des conséquences
désastreuses non seulement pour le pays, mais pour tous les Etats de la
région". (apic/cip/cor)