Déclaration de Cologne : les sympathisants (130989)
Une lettre du cardinal Ratzinger
Paris, 13septembre(APIC) Plus de 130 théologiens francophones de France,
de Suisse et de Belgique s’étaient déclarés, - dans une lettre envoyée le
20 février dernier au cardinal Ratzinger en qualité de président de la Commission Théologique Internationale - solidaires de la "Déclaration de Cologne" signée le mois précédent par quelque 160 théologiens germanophones.
Les prêtres français solidaires de la Déclaration de Cologne devraient être
prochainement appelés à s’expliquer devant l’évêque de leur diocèse.
On apprend à Paris que le cardinal Ratzinger, préfet de la Congrégation
romaine pour la doctrine de la foi, a adressé récemment au cardinal Albert
Decourtray, archevêque de Lyon et président de la Conférence des évêques de
France, une lettre dans laquelle il jugerait opportun que les ordinaires
(chaque évêque pour son diocèse, chaque supérieur majeur d’une congrégation
religieuse) prennent contact personnellement avec leurs prêtres signataires
respectifs pour arriver à une clarification sur les motifs de leur signature et sur leurs orientations générales dans le domaine doctrinal.
"La lettre du cardinal Ratzinger apparaît comme un coup de frein supplémentaire, surtout, fait remarquer l’un des théologiens français signataires, que notre lettre ne remettait pas en cause la doctrine, mais demandait
simplement que les questions posées soient prises au sérieux!". Au Secrétariat de la Conférence épiscopale à Paris, on confirme l’existence d’une
lettre du cardinal Ratzinger, sans donner plus de précisions. Renseignements pris auprès de quelques "ordinaires" en France, la lettre en question
ne semble pas provoquer d’affolement.
Confirmation de la Conférence des évêques suisses
A la Conférence des évêques suisses (CES), on confirme également qu’une
telle lettre a été reçue "il y a quelques semaines" demandant aux évêques
de discuter avec les théologiens signataires les questions soulevées par la
"Déclaration de Cologne". Lors de la conférence de presse de la CES jeudi
dernier, commentant cette "Déclaration", Mgr Pierre Mamie, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, a estimé que les théologiens signataires posaient de "bonnes questions sur des problèmes qui existent réellement". Il regrettait cependant le ton de la lettre, qui ne favorise pas le dialogue.
"Dans l’Eglise aujourd’hui, il y a place pour le dialogue, le pluralisme, y compris dans les recherches théologiques, mais il est vrai qu’à un
moment il y a une frontière", a-t-il déclaré. Et de relever qu’en Suisse,
en tout cas, il aurait été possible de poser ces questions si importantes nomination des évêques et morale contemporaine notamment - sans passer par
les médias, les structures de dialogue étant suffisantes.
Mgr Mamie a fait savoir qu’il allait - à la fin octobre ou au début novembre - rencontrer les théologiens de l’Université de Fribourg signataires
de la Déclaration de Cologne "pour recréer un climat qui permette un vrai
dialogue". Mgr Otto Wüst, évêque de Bâle, a quant à lui déjà rencontré les
théologiens signataires de la Faculté de Lucerne.
En Allemagne : le dialogue avec les signataires est bien engagé
"Je redoute que Rome ait la tentation de sanctionner les théologiens signataires de la Déclaration de Cologne. J’ai adressé une lettre à ce sujet
au cardinal Ratzinger", avait pour sa part déclaré Mgr Karl Lehmann, évêque
de Mayence et président de la Conférence épiscopale allemande, dans une interview accordée début septembre au quotidien italien "La Repubblica". Il
avait révélé à cette occasion que l’épiscopat allemand était parvenu à établir le dialogue avec différents théologiens. Un groupe de travail a été
constitué qui réunit des représentants de la Conférence épiscopale et des
théologiens pour discuter des "problèmes réels" posés par la "Déclaration
de Cologne". (apic/mjh/be)