et pour une catholicité ouverte"
Des professeurs de théologie cherchent le dialogue
Cologne, 26janvier(APIC) 160 professeurs de théologie de Suisse, d’Autriche, de RFA et des Pays-Bas ont signé une déclaration rendue publique jeudi
26 janvier, et dans laquelle ils critiquent certaines tendances et certains
événements dans l’Eglise catholique-romaine. Ils déclarent que leur souci
est de chercher le dialogue et de s’engager "Contre la mise sous tutelle et
pour une catholicité ouverte" selon le titre de leur "Déclaration de
Cologne".
Trois problèmes nous accablent le plus, relèvent-ils dans cette Déclaration adoptée et signée le Jour de l’Epiphanie à Cologne par 14 professeurs
de théologie et signée dans l’intervalle par 149 autres professeurs. La
"Déclaration de Cologne" critique le fait que la curie romaine pourvoit
dans le monde entier des sièges épiscopaux au mépris des propositions des
Eglises locales et en laissant de côté unilatéralement leur droits établis.
Un deuxième point, concerne l’octroi de la permission d’enseigner au nom
de l’Eglise, qui a été refusée dans de nombreux cas à des théologiens qualifiés du monde entier, relève la Déclaration. Ceci est un empiètement considérable et dangereux sur la liberté de la recherche et de l’enseignement
et sur la structure dialogique de la connaissance théologique que le Concile Vatican II a soulignée en de nombreux endroits, écrivent les théologiens
qui soulignent qu’on abuse de l’octroi de la permission d’enseigner au nom
de l’Eglise comme un instrument disciplinaire.
Ils affirment être témoins d’une tentative très discutable théologiquement qui à côté de la compétence juridictionnelle du pape fait valoir et
abuse de la compétence doctrinale de celui-ci d’une façon inadmissible.
Dans ces trois domaines, un changement structurel lent, une mise sous
tutelle progressive des Eglises locales et un manque d’égard par rapport
aux laïcs serait perceptible, relèvent les théologiens.
Au sujet des nominations épiscopales
En considérant les nouvelles nominations épiscopales décidées par Rome
dans le monde entier, surtout en Autriche, en Suisse et en République
fédérale allemande, les théologiens déclarent que si les Eglises locales
sont mises au pas par des nominations épiscopales, elles perdent leur autonomie, la collégialité entre le pape et les évêques est étouffée par un
nouveau centralisme romain. Ils remarquent que le choix des candidats pour
la fonction d’évêque exprime le pluralisme de l’Eglise et le processus de
nomination n’est pas un choix privé du pape. Sur le rôle des nonciatures,
les théologiens affirment qu’il est toujours plus équivoque en raison du
choix unilatéral des informations.
Permission d’enseigner au nom de l’Eglise
Il doit rester réservé aux évêques du lieu de délivrer ou de retirer la
permission d’enseigner au nom de l’Eglise, déclarent les théologiens. Une
intervention romaine dans l’octroi ou dans le refus d’une permission d’enseigner sans l’avis des Eglises locales ou même contre la conviction formelle de l’évêque du lieu risque d’entraîner le déclin des compétences coutumières et éprouvées, affirme encore la Déclaration de Cologne. Des objections contre l’octroi d’une autorisation d’enseigner doivent être fondées
sur des arguments et doivent être prouvées selon des normes académiques
connues; l’arbitraire dans ce domaine remet en question l’existence des Facultés de Théologie dans les Universités d’Etat, souligne la Déclaration.
De la compétence doctrinale du pape
L’enseignement pontifical sur la régulation des naissances (Humanae Vitae) est une doctrine très spéciale qui ne peut être fondée ni sur l’Ecriture sainte ni sur la tradition de l’Eglise, affirme la Déclaration. Malgré
cela le pape parle à ce sujet de vérité fondamentale et de Révélation divine, pousuit-elle. Ceux qui critiquent l’enseignement du pape sont accusés
de mettre en cause les principes fondamentaux de la doctrine chrétienne.
Dès lors les théologiens regrettent que la fonction doctrinale du pape se
fixe sur le problème de la régulation des naissances. Ils demandent encore
que la conscience soit respectée; quand le magistère proclame la vérité, il
doit aussi respecter la conscience des croyants. Niveler la tension entre
dogme et conscience signifie la dégradation de celle-ci, concluent-ils.
(apic/eg/bd)
Voici la liste des professeurs de théologie de Suisse qui ont signé la
Déclaration de Cologne :
A Coire : Franz Annen, Albert Gasser, Hans Halter, Karl Kichhofer, Ernst
Spichtig.
A Fribourg : Juan Artadi, Jakob Baumgartner, Oliviero Bernasconi, Johannes
Brantschen, Richard Friedli, Adrian Holderegger, Ruedi Imbach, Leo Karrer,
Otmar Keel, Georg Schelbert, Pietro Selvatico, Dirk Van Damme, Guido Vergauwen, Hermann-Joseph Venetz, Otto Wermelinger.
A Lucerne : Fritz Dommann, Herbert Haag, Ivo Meyer, Aloïs Müller, Dietrich
Wiederkehr.