Déclaration commune de catholiques allemands et polonais (090889)
Bonn/Varsovie, 9août(APIC/CIP) La brutalité avec laquelle le
national-socialisme allemand a, de façon préméditée, soumis, divisé et
exterminé le peuple polonais, doit aujourd’hui encore "remplir d’une honte
profonde" tout Allemand attaché à la tradition spirituelle et morale de
l’Europe : c’est ce qu’on peut lire dans un appel qu’adressent à leurs
concitoyens d’éminentes personnalités catholiques de RFA et de Pologne,
pour les inviter à s’engager en faveur de la justice, de la paix et de la
liberté en Europe.
Cette déclaration, qui est publiée simultanément à Bonn et à Varsovie,
est la première où des catholiques des deux pays commémorent le début de la
seconde guerre mondiale. L’occasion de sa publication est le 50e anniversaire de l’invasion de la Pologne par les nazis (1er septembre 1939)
Après avoir rappelé les crimes irréparables commis par l’Allemagne nazie, les signataires évoquent également "avec tristesse et compassion" la
souffrance endurée par "des millions d’Allemands chassés de leur patrie
après la guerre" (allusion aux populations allemandes déportées au-delà de
la ligne Oder-Neisse, et notamment de Poméranie, de Prusse orientale et de
Silésie ). Ils disent néanmoins leur souhait qu’aucune modification ne soit
apportée à la frontière occidentale de la Pologne -où se trouvent entre autres les villes de Szczecin (ex-Stettin en Poméranie) et de Wroclaw (exBreslau en Basse Silésie), et que tant "les Allemands vivant en Pologne que
les Polonais vivant en Allemagne pourront conserver leur identité".
"Notre aspiration commune, poursuivent les signataires, est une Europe
unie, qui englobe toute l’Europe. Un but qui sera atteint plus facilement
et plus rapidement, pour le bien-être de tous, si les peuples allemand et
polonais unissent leurs forces." L’appel plaide ici en faveur de
l’ouverture des frontières en Europe, que doit favoriser le développement
politique, économique, social et culturel du continent.
En conclusion, les signataires disent vouloir garder intacte la mémoire
du passé, non qu’il soit possible de réparer le mal commis, mais pour
vaincre ensemble, sans rancune, tout sentiment d’arrogance et de haine".
Une déclaration qui risque de ne pas passer inaperçue, surtout en
Allemagne, où, dans les milieux démocrates-chrétiens, des voix se sont
déjà élevées pour contester la ligne Oder-Neisse, approuvée par la
Conférence de Potsdam (1945) et reconnue de facto en 1970 par le champion
de l’Ostpolitik qu’était le Chancelier socialiste ouest-allemand Willy
Brandt.
Les signataires de l’appel sont, pour la RFA, la direction du Comité
Central des catholiques allemands (ZdK) et trois anciens présidents de ce
même comité, Hans Maier, Bernhard Vogel et Albrecht Beckel; du côté polonais, on trouve notamment les signatures d’Andrzej Wielowieyski, secrétaire
général du Club des Intellectuels Catholiques à Varsovie; Jan Szczpanski,
président de l’Association (libre) des Ecrivains; les rédacteurs en chef
des journaux catholiques "Tygodnyk Powszechny" et "Znak", ainsi que plusieurs parlementaires. (apic/cip/mg)