Décision du Tribunal fédéral sur la procréation artificielle (160389)
Fribourg, 16mars(APIC) Plusieurs dispositions de la loi cantonale st-galloise sur la procréation artificielle ont été annulées mercredi par le Tribunal fédéral, notamment l’interdiction totale de la fécondation in vitro
et de l’insémination artificielle avec le sperme d’un donneur extérieur au
couple. Réagissant à cette décision du TF, le P. Roland B. Trauffer, secrétaire de la Conférence des évêques suisses, s’est dit déçu, car il était
favorable à la législation en vigueur à St-Gall. Il a déclaré à l’agence
APIC que la protection de la vie et le commandement de l’amour du prochain
doivent, du point de vue chrétien, passer avant la liberté individuelle.
"Cet avis du TF est une déception, déclare-t-il, c’est un recul, car c’est une conception très positiviste, libérale, une conception de la liberté
individuelle qui prime sur la charité vis-à-vis de l’individu qui ne peut
pas se défendre, qui n’a pas de droits, semble-t-il, parce qu’on dispose de
lui". Le P. Trauffer mentionne par exemple l’enfant qui résulte d’une insémination hétérologue, qui ne peut faire valoir son droit fondamental à
connaître son père biologique.
Se référant au récent document du Vatican "Donum Vitae", le P. Trauffer
rappelle que l’acte conjugal ne peut jamais être remplacé par des moyens
techniques : "Rien ne peut se susbtituer à l’acte conjugal, parce qu’il y a
là un élément d’intensité humaine vécue, et l’homme ne peut pas être remplacé ni par une machine ni par un moyen technique". Il relève cependant
que l’Eglise ne condamne pas la technique et le recours aux moyens artificiels qui favorisent l’acte humain, mais elle maintient que l’acte humain
ne peut être remplacé.
Le P. Trauffer reconnaît que les positions de "Donum Vitae", étant donné
qu’elles se situent dans la ligne d’"Humanae Vitae", ne sont pas acceptées
partout et rencontrent de la résistance. La discussion continue d’ailleurs
à ce sujet dans les Universités catholiques, notamment à Lille, Louvain,
Nimègue ou Georgetown. Il pense que l’Eglise - qui se veut défenseur de la
vie - doit être conséquente et doit s’exprimer à ce sujet. Elle s’engagera
ainsi encore davantage en Suisse dans le débat sur la procréation artificielle lorsqu’on en débattra au niveau fédéral, car il s’agit là d’un enjeu
vital pour les chrétiens. (apic/be)