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    Décision du Saint-Siège de ne plus reconnaître la JOCI comme OIC (300889)

    Interview du Père valaisan Gaspoz, "accompagnateur adulte de la JOCI

    Fribourg, 30août(APIC) La décision du Saint-Siège de signer en juin dernier avec la Coordination Internationale de la Jeunesse Ouvrière chrétienne

    (CIJOC), à Rome, un protocole lui reconnaissant le statut d’Organisation

    Internationale Catholique (OIC), au détriment de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne Internationale (JOCI), a déconcerté l’ensemble des responsables de

    la JOCI, dont le siège se trouve à Bruxelles. "Elle nous a surpris autant

    que le moment choisi pour la faire connaître", admet le Père Jean-Marc Gaspoz, 50 ans, capucin Valaisan établi dans la capitale belge où il assume

    aujourd’hui la tâche d’"accompagnateur adulte" au sein de la JOCI. Quant à

    la JOC Suisse, elle a confirmé à l’agence APIC son désir de demeurer fidèle

    à la JOCI.

    "Ce qui nous frappe, commente le Père Gaspoz, c’est la manière dont cette affaire a été traitée et qui semble indiquer que Rome n’est pas informée

    ou qu’elle ne tient aucun compte de ce qui se passe à la JOCI". Dans une

    lettre datée du 14 juillet, cette dernière demandait au Vatican de reconsidérer sa position. "Nous n’avons toujours pas reçu de réponse. Mais de cela, nous ne sommes pas surpris car ce n’est pas la première lettre qui demeure sans réponse", affirme-t-il.

    En 1987, le Conseil International de la JOCI réuni à Sao Paulo (Brésil)

    adresse une lettre au pape. En vain. Quelque temps après, une lettre destinée au cardinal Eduardo Pironio, président du Conseil pontifical pour les

    laïcs, dans laquelle ce même Conseil demande une entrevue connaît un sort

    identique. Il en ira de même pour les conclusions du Conseil International

    de la JOCI envoyées à la Secrétairie d’Etat du Vatican et au Conseil pontifical pour les laïcs, en dépit de la demande réitérée de rencontrer les instances respectives pour dialoguer sur ce que vit la JOCI et ses préoccupations.

    "La seule lettre jamais reçue (réd. du substitut de la Secrétairie

    d’Etat du Vatican, Mgr Edward Idris Cassidy) nous informait que la JOCI

    n’était plus officiellement reconnue OIC", relève, dépité, le Père Gaspoz.

    Découragé? "Ce qui se passe ne nous fait pas plaisir. Mais ce qui nous surprend, poursuit-il, est le moment choisi pour nous en informer car actuellement, de notre côté, de multiples efforts sont réalisés". Un des reproches formulés à l’encontre de la JOCI est une orientation peu claire du

    mouvement. "Le conseil de la JOCI avait précisément mis sur pied une commission pour discuter de l’orientation. Son travail a débuté en juin dernier... Rome n’en n’a pas tenu compte", fait observer le capucin valaisan,

    qui ajoute, à propos d’orientation: "Il y a dix ans, on travaillait dans ce

    sens là, et on était officiellement reconnu d’Eglise. Les bases sont les

    mêmes actuellement... mais on ne l’est plus aujourd’hui".

    Risque de découragement de la jeunesse

    La volonté exprimée de la part de la JOCI de rester un mouvement de jeunes à l’intérieur de l’Eglise n’a manifestement pas été jugée suffisante à

    Rome. La décision romaine risque d’engendrer le découragement auprès des

    jeunes de la JOCI, estime le Père Gaspoz: "Il est possible que certains

    d’entre eux réagissent en se disant que si l’Eglise agit de la sorte, ne

    perdons pas de temps avec elle". Et puis, il y a le travail réalisé par la

    JOCI dans le tiers-monde, notamment là où les chrétiens sont en minorité,

    son engagement par rapport aux problèmes sociaux, entre autres, dans un

    esprit oecuménique. "Nous interprétons les mesures prises par le Vatican

    comme un frein à tout cela. Pourtant, poursuit le Père Valaisan, l’Eglise

    devrait se réjouir de voir qu’il y a un mouvement qui fait de gros efforts,

    très ouvert et qui vit l’évangélisation non comme une catéchèse directe

    mais dans le sens de ce que Cardijn (réd, le prêtre belge qui fonda la JOC

    en 1925) appelait un exemple d’oecuménisme qui est de partager ce que nous

    vivons avec les jeunes travailleurs, dans le respect de la foi qu’on vit".

    Mais, relève-t-il encore, "une porte est malgré tout encore entrouverte

    puisque la lettre de Mgr Cassidy dit clairement que cette décision ne préjuge pas des relations entre les évêques et les mouvements nationaux. Ce

    qui veut dire qu’il dépendra à l’avenir de chaque évêque ou de chaque Conférence épiscopale de dialoguer avec les mouvements nationaux".

    Pourquoi ce titre d’"accompagnateur adulte? "Le Conseil International de

    la JOCI, devant les difficultés posées par le Vatican pour obtenir un aumônier, a décidé de nommer un "accompagnateur adulte" avec comme spécificité

    qu’il soit prêtre... Je suis donc "accompagnateur adulte". Il semble que

    Rome prend cela comme une provocation". (apic/pr)

    Encadré

    L’avenir de la JOC Suisse: fidélité à la JOCI

    "Pour l’heure, nous n’avons pas encore la décision des évêques suisses à

    propos de la possibilité que donne Mgr Cassidy sur les relations entre les

    évêques et les mouvements nationaux de la JOC. Mais nous pensons qu’il n’y

    aura pas tellement de changement au niveau de la Suisse romande", déclaret-on au secrétariat de la JOC à Lausanne. L’avenir du mouvement en Suisse?

    Nous restons pour l’instant solidaire avec la JOCI, conformément à notre

    déclaration faite en avril 1986, année de la dissidence. A cette occasion,

    nous avions souligné avoir toujours fait partie de la JOCI et que nous entendions y demeurer fidèle.(apic/pr)

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