Début du 49e voyage du pape hors d’Italie et 7e en Afrique (020990)
Dar es-Salam, 2septembre(APIC) Le pape Jean Paul II s’est envolé samedi
matin de l’aéroport international de Rome pour son 49e voyage hors d’Italie, le 7e en Afrique durant lequel il visitera quatre pays, la Tanzanie,
le Burundi, le Rwanda et la Côte d’Ivoire. Après une escale technique dans
l’île de Malte où le pape a rencontré le président et le Premier ministre
maltais, l’avion de Jean Paul II, du nom de Boticelli, est arrivé en fin
d’après-midi à Dar es-Salam, l’ancienne capitale de la Tanzanie. Plusieurs
discours ont marqué cette première journée, dont celui tenu lors de la rencontre avec le corps diplomatique, discours dans lequel le pape a mis l’accent sur le sida et la "tragédie humaine" des réfugiés en Afrique. Le pape
séjournera jusqu’à mercredi en Tanzanie.
A l’aéroport de Dar es-Salam, Jean Paul II s’est adressé au président
tanzanien Ali Hassan Mwinyi venu l’accueillir, en relevant "être un pèlerin
de paix entre les disciples des diverses traditions religieuses" et "être
venu comme un ami de l’Afrique, un continent qui connaît encore beaucoup de
difficultés". Le pape a en outre rappelé avoir fait dans le passé plusieurs
appels pour que les pays riches n’oublient pas leurs devoirs moraux et humanitaires envers les nations en voie de développement". Il a de plus exprimé l’espoir que les changements à l’Est "dispensent les pays de la course dispendieuse aux armements et les poussent à une plus grande assistance
en faveur des peuples besogneux".
Le pape a constaté que ce processus est de lente maturation et qu’entre
temps de nouvelles tensions (Golfe), qui représentent des obstacles sur la
voie de la paix, ont fait leur apparition. L’Afrique, a conclu Jean Paul
II est toujours plus appelée à trouver un propre modèle de développement.
Sida et réfugiés
De l’aéroport, la pape s’est ensuite rendu à la cathédrale de Dar es-Salam où il a notamment rappelé l’évangélisation, à partir de 1887, des bénédictins allemands et a invité les gens à vivre chaque jour l’Evangile de la
paix.
En début de soirée, le pape s’est rendu au Palais présidentiel où il a
rencontré les représentants du corps diplomatique. Dans son discours, le
pape a mis l’accent sur le problème du sida, la maladie qui frappe comme un
fléau les quatre pays que le pape visitera au cours de son 7e voyage africain. Selon Jean Paul II, "le sida, ce drame qui ne menace pas seulement
quelques nations et sociétés, mais l’ensemble de l’humanité, exige un effort incommensurable de coopération internationale de la part des gouvernements, de la communauté médicale et scientifique mondiale et de tous ceux
qui exercent une influence dans le développement d’un sens de la responsabilité morale dans la société".
A propos du sida encore, le pape a affirmé la solidarité de l’Eglise en
précisant que "l’Eglise est persuadée que sans une renaissance des responsabilités morales et une réaffirmation des valeurs morales fondamentales,
chaque programme de prévention basé seulement sur l’information sera inefficace ou même contre-productif. Encore plus nuisible, a continué le pape,
sont en outre les campagnes qui implicitement entendent promouvoir - à cause de leur manque de contenu moral et à cause de la fausse sécurité qu’elles offrent - ces modèles de comportement qui ont amplement contribué à
l’expansion de la maladie".
Dans le même discours, Jean Paul II a aussi abordé le problème des millions de réfugiés en Afrique, "cette immense tragédie humaine qui, habituellement, a sur l’opinion publique mondiale un impact plus faible par rapport à d’autres causes de crises de la planète". Il a souligné que la situation exige "une intervention urgente de la part de la communauté internationale" et a ajouté: "Les causes fondamentales ne peuvent être éliminées
que là où existe une croissance dans la pacification et dans la démocratisation de la vie africaine". Le pape a encore plaidé pour que "l’interdépendance des peuples et des nations soit reconnue comme une catégorie morale" avec une solidarité basée sur "la conviction que tous sont responsables
de tous".
Peu après sa rencontre avec le corps diplomatique, le pape a été reçu
par le président tanzanien Ali Hassan Mwinyi, au pouvoir depuis 1985.
(apic/jt/pr)