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    République démocratique du Congo: Conférence sur les nouvelles Eglises chrétiennes

    De «véritables entreprises» qui échappent au contrôle fiscal de l’Etat

    Kinshasa, 6 avril 2010 (Apic) Les nouvelles Eglises chrétiennes en République démocratique du Congo (RDC) sont de «véritables entreprises» qui échappent au contrôle fiscal de l’Etat. L’absence d’un cadre général sur le fonctionnement, la nature, les qualifications des responsables et l’environnement du travail des ces Eglises rend difficile l’application d’un arrêté du ministre de la Justice sur ces nouvelles sectes, chrétiennes, ont estimé les participants à une conférence sur la question.

    Selon le quotidien congolais, «Le Potentiel», l’arrêté précise que «les Eglises du réveil sont des entités autorisées et organisées, reconnues par l’Etat après enquête."

    Mais pour la conférence, le problème est que l’Etat est «faible» face «au dérapage actuel» des nouvelles sectes chrétiennes, qui ne veille pas assez au respect de la réglementation en vigueur.

    Organisée par la "Fondation entreprendre", une association sans but lucratif de la RDC, créée en novembre 2008, le forum qui a eu lieu le 31 mars dernier à Kinshasa, a souligné que les Eglises du réveil, régies officiellement par un arrêté ministériel, sont devenues de «véritables entreprises» dans le pays.

    L’argent au cœur de l’action de certaines nouvelles sectes chrétiennes

    «Loin de promouvoir le développement mental et spirituel des membres, les Eglises du réveil se transforment, la crise aidant, en centres d’enrichissement des pasteurs», ont déploré les participants à la conférence. Selon eux, dans ces nouvelles sectes chrétiennes, «l’argent est devenu le centre des motivations des conducteurs spirituels qui s’éloignent de plus en plus de la recherche de Dieu et de la connaissance profonde de sa parole».

    Pour eux, la prolifération actuelle des lieux de culte de ces nouvelles sectes dans les communes de Kinshasa et en provinces avec leur corollaire « de tapages, de querelles byzantines», la concentration du pouvoir entre les mains d’une seule personne, l’absence d’une gestion participative, l’inexistence d’une administration organisée, «le laxisme de l’Etat» qui n’effectue pas sur elles de contrôle fiscal, ni ne leur impose de taxes, font des Eglises de réveil « des centres d’aliénation mentale et d’escroquerie financière».

    Mais un rôle positif contre les forces du mal

    Les participants ont cependant reconnu qu’il y a un «côté positif de ce mouvement de réveil venu des Etats-Unis dans les années 1980», quoique « la crise économique, l’oisiveté et l’absence de qualifications des chefs d’Eglises causent le désordre ».

    Leur «premier constat positif», est qu’il vaut «mieux avoir un peuple qui s’adonne à Dieu que totalement à Satan et aux forces du mal». Par exemple, ont-ils souligné, grâce à ces sectes chrétiennes, les pratiques sorcières ont cessé à Mbuji-Mayi (Kasaï Oriental), et la population locale commence à s’épanouir. Ce qui n’était pas le cas il y a quelques années».

    Pour le chercheur belge Joël Noret de l’Université libre de Bruxelles, ces Eglises ont explosé en Afrique dans les années 1980, alors que les réalités socio-économiques se faisaient plus dures. Elles offrent «des ressources religieuses plus immédiates aux gens, ce qui explique qu’elles ont cru à cette vitesse partout dans le monde».

    Sur le plan économique et financier, a-t-il poursuivi, les nouvelles Eglises constituent « de véritables entreprises » avec des personnalités (comptables, médecins, psychologues) capables de remplir les différentes fonctions de leur organisation. C’est dans ce cadre que certaines Eglises se dotent des chaînes de radio et télévision, de journaux, d’écoles et d‘universités, d’hôpitaux et foyers sociaux.

    La Corée du Sud, le Nigeria, l’Afrique du Sud sont des pays où les sectes chrétiennes sont des entités économiques. Certaines d’entre elles disposent dans ces pays, de banques, de coopératives, d’aéroports qui fonctionnent bien. (apic/ibc/js)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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