De notre envoyé spécial en Chine Jacques Berset
Dernier concert à Pékin
Pékin, 15novembre(APIC) "A travers vos chants et votre musique, on sent
vos paysages, on découvre vos montagnes, on sait que vous aimez votre
pays". C’est sur ce compliment, certainement pas dû uniquement au légendaire sens de la politesse dans l’ancien Empire du Milieu, que les hôtes chinois ont pris congé des 120 chanteurs et musiciens fribourgeois de la Chanson du Moulin de Neyruz et de l’Amicale La Vudallaz d’Albeuve-Enney.
Vendredi soir, en effet, chanteurs et musiciens fribourgeois donnaient
leur dernier concert au China World Hotel de Pékin, à l’issue d’une tournée
dans cinq villes chinoises que l’on peut qualifier de réussie, à voir les
réactions du public, ravi non seulement de participer à un concert de bon
niveau, mais de découvrir à cette occasion "l’âme d’un peuple", comme l’ont
souligné à plusieurs reprises guides et organisateurs locaux.
Du 4 au 16 novembre, au fil des concerts, les Fribourgeois ont ainsi
réussi à trouver le contact avec le public chinois et à faire passer un
message d’amitié et de bonne humeur, grâce sans aucun doute aux progrès
linguistiques - une vraie prouesse - du directeur de la Chanson du Moulin,
Gérald Kaeser, qui a fini par présenter une bonne partie du programme en
mandarin, la langue officielle de la Chine, à un public fort amusé. Les
Chinois ont d’ailleurs réservé un accueil enthousiaste au Vieux Chalet en
chinois, de même qu’ils ont apprécié le lancer du drapeau - friands qu’ils
sont de prouesses acrobatiques -, les cloches des vaches et le son du cor
des Alpes.
Du côté des "ambassadeurs" du folklore fribourgeois, le dépaysement a
été total et le choc des cultures flagrant, même si parfois certains ont eu
tendance à trop comparer la situation matérielle de ce pays du tiers-monde
d’un milliard 200 millions d’habitants avec un petit pays développé comme
la Suisse.
Tout à la découverte d’un monde fascinant - une civilisation plusieurs
fois millénaire avec des monuments à couper le souffle comme la Grande Muraille ou la Cité Interdite à Pékin -, pris par la rencontre d’une population pauvre mais industrieuse et accueillante, les Fribourgeois ne se sont
pas laissés démonter par les embûches bureaucratiques mises sur leur chemin
par des autorités soucieuses de garder ce groupe de 120 étrangers sous bon
contrôle. C’est qu’en Chine, on craint par-dessus tout le prosélytisme religieux de la part des étrangers. Et la Chanson du Moulin est un choeur
d’Eglise.
Si les chanteurs et musiciens fribourgeois ont pu chanter la messe en Do
de Bruckner dimanche dernier en l’Eglise Saint-Michel de Pékin, ce fut devant un public choisi. Lundi soir, dans le cadre d’un concert pour la semaine de "La science et la paix", le Ranz des vaches a failli disparaître
du programme. Le concert étant enregistré par la TV centrale chinoise
(CCTV), le "liauba" leur paraissait "trop émouvant". En fait, ne pouvant
traduire le patois, les organisateurs croyaient avoir à faire à un chant
religieux.
De tout cela, les chanteurs et musiciens fribourgeois en ont plutôt ri.
Ils rentrent dimanche soir en Suisse avec une foule de souvenirs, beaucoup
d’émerveillement pour la culture chinoise, pour la chaleur de l’accueil et
la qualité de l’organisation de la tournée. (apic/jb)