De Bâle à Séoul: quel oecuménisme? (100490)
Bruxelles, 10avril(APIC) Un mois après le Rassemblement oecuménique mondial de Séoul, en Corée du Sud, le professeur Michel Schooyans, théologien
de Louvain-la-Neuve, revient par une réflexion sur cette rencontre à laquelle il participait à titre d’observateur envoyé par le Saint-Siège.
Comparativement à la Rencontre oecuménique de Bâle, en mai 1989, consacrée elle aussi à la promotion de la justice, de la paix et de la sauvegarde de la création, celui de Séoul était organisé seulement à l’invitation du Conseil Oecuménique des Eglises (COE). Si le Saint-Siège, "fort
sagement", explique Michel Schooyans, n’a pas cru bon d’être "puissance
co-invitante aux côtés du COE", c’est parce que l’Eglise catholique aurait
été, dans ce cas, "la seule Eglise à inviter directement". Ce qui est ici
en cause, relève le théologien, "c’est donc la représentativité du COE, qui
est du reste loin de regrouper l’ensemble des confessions protestantes".
Le professeur Schooyans évoque en outre la difficulté, au sein même du
COE, de trouver "un langage théologique commun", tandis que "l’Ecriture
n’est pas perçue par tous de la même façon". Ainsi à Séoul, des théologiens
luthériens ont été frappés par "le caractère sommaire de la théologie de
l’Alliance", tandis que des théologiens catholiques ont mal compris "le déséquilibre flagrant entre les références à l’Ancien Testament et au Nouveau".
D’où la question de fond que soulève le théologien: "Le COE ne s’est-il
pas éloigné de ce qui est sa raison d’être: rechercher les voies de l’unité?" (apic/cip/pr)