un livre sur les Adventistes du Septième Jour
Bruxelles, 10juin(APIC/CIP) On considère souvent l’Eglise des Adventistes
du Septième Jour comme une secte. Mais peut-on parler de secte pour un ensemble de communautés croyantes qui regrouperont bientôt 5 millions de
membres à travers le monde, qui ne boudent pas le dialogue oecuménique et
qui veillent à la formation de leurs pasteurs et théologiens ?
Pour pouvoir répondre judicieusement à cette question, mieux vaut lire
l’ouvrage très documenté que le théologien Richard Lehmann qui enseigne la
théologie à la Faculté Adventiste de Colonges-sous-Salève, près de Genève,
vient de consacrer à son Eglise sous le titre . "Les Adventistes du Septième Jour". C’est le premier ouvrage paru après le volume introductif de la
nouvelle collection consacrée aux "Fils d’Abraham" et lancée l’an dernier
par l’éditeur Brepols. Cette collection est dirigée par Joseph Longton et
le Frère Poswick de l’Abbaye de Maredsous.
En pleine progression dans de nombreux pays du Tiers-Monde, mais aussi
persécutés dans d’autre pays, comme l’URSS, les Adventistes restent mal
connus, même après bientôt un siècle et demi d’existence, dont déjà un
siècle en Europe. Beaucoup de chrétiens sont loin de se douter que chaque
année, à travers le monde, les écoles adventistes ouvrent leurs portes à
plus de 700.000 enfants et jeunes, tandis que les hôpitaux gérés par les
Adventistes hébergent plus de 600.000 malades.
Dans l’attente du retour du Christ
C’est au milieu du siècle dernier que les premiers Adventistes se sont
manifestés comme tels, suite à l’appel d’un petit fermier américain, William Miller, qui est devenu par la suite pasteur. L’époque était traversée
par des remous divers. Allait-on assister au début d’une ère nouvelle ou la
fin du monde approchait-elle à grands pas ? La question a fait redoubler de
ferveur plusieurs assemblées protestantes dans différents Etats américains.
Quelques croyants se sont mis à attendre pour bientôt le retour du Christ
annoncé pour la fin des temps.
Gagné aux premières critiques de la religion, William Miller était d’abord plutôt réticent devant le christianisme. Puis questionné par les préoccupations de divers prédicateurs, le voilà qui se met à lire la Bible. Il
s’arrête longuement au livre de Daniel et à l’Apocalypse. le language
mystérieux de ces livres, lourds de révélations sur l’avenir à espérer, le
fait réfléchir. Creusant certaines données bibliques, il suppute la date du
retour du Christ : ce sera, pense-t-il, le 22 octobre 1844. Ce jour-là, une
centaine de milliers d’Américains attendent avec lui. Vainement. Malgré
tout, quelqu’uns vont continuer, en groupe, d’approfondir leur expérience
religieuse originale.
Il faut cependant attendre 1861 pour qu’une assemblée générale de ces
croyants, au premier rang desquels figurent plusieurs prédicateurs, dote le
mouvement d’une organisation administrative. C’est alors que cette assemblée prend le nom d’Eglise Adventiste du Septième Jour. Adventiste, parce
qu’elle se veut branchée sur l’Avent, sur l’attente du retour du Christ. Du
Septième Jour, parce qu’elle entend respecter les commandements du Décalogue, y compris la prescription du repos du sabbat, le septième jour de la
semaine.
D’autres développements suiront. parallèlement à l’extension de la nouvelle Eglise, des rencontres des hauts responsables porteront sur l’interprétation des textes fondateurs, interprétation qui reste jusqu’à nos jours
sujette à des remises en question.
L’Ecriture d’abord
Ancrés dans une longue tradition protestante, les Adventistes restent
attachés au principe de l’autorité suprême de l’Ecriture sur l’Eglise. Sans
que leur Eglise soit membre du Conseil Oecuménique des Eglises (COE), ils
entretiennent pourtant des contacts suivis avvec le COE et partagent avec
les Eglises membres de ce Conseil les déclarations doctrinales essentielles. Ainsi professent-ils notamment la foi en la Trinité et en Jésus
Seigneur et Sauveur.
Les Adventistes se démarquent d’une bonne partie de la tradition protestante en refusant de relativiser les Dix Commandements transmis par Moïse en les éclairant à la lumière de l’Evangile et de la foi en JésusChrist. D’ou leur observance du repos du sabbat, qui est aussi, il est
vrai, une occasion de relancer l’attente liée au Septième Jour et de
prendre leur distance avec le jour de repos du dimanche.
En ce qui concerne les sacrements, comme dans la tradition protestante,
les Adventistes n’en célébrent que deux. Le baptême n’est conféré qu’aux
seuls adultes, jugés seuls capables d’un acte de foi. Quant à la Sainte
Cène, elle est célébrée avec du pain sans levain et du jus de raisin non
fermenté ; en outre, les Adventistes y associent le rite du lavement des
pieds.
Quant à l’éthique, les adventistes se cartactérisent notamment, outre la
pratique de la dîme, par un certain nombre de règles que certains jugeraient rigoristes mais qu’eux-mêmes trouvent essentielles pour harmoniser
leur vie avec leur espérance : des règles d’abstinence radicale de drogues,
d’alcool, ainsi qu’un régime alimentaire essentiellement végétarien.
(apic/cip/bd)
Richard Lehmann, "Les Adventistes du Septième Jour", coll."Fils d’Abraham",
éd. Brepols, 1987, 228 pp.