Cuba: la discrimination envers les catholiques persiste (110191)
La Havane, 11janvier(APIC) Malgré un intérêt croissant pour la religion,
les catholiques continuent d’être victimes de "préjudices sociaux" à Cuba,
estime le recteur du séminaire catholique de La Havane, José Felix. Dans
une interview accordée à l’agence APIC, J. Félix affirme que dans son pays,
en général, "les chrétiens sont mis de côté et désavantagés et certaines
voies d’études et positions-clés au niveau professionnel leur sont encore
fermées". En revanche, le nombre des baptêmes a "nettement augmenté" parmi
les jeunes gens et celui des séminaristes croît "lentement et de façon
significative".
Quant à la popularité des rites afro-cubains, José Felix considère comme
"absolument faux" que la religiosité des Cubains se réduise à ces aspects
folkloriques et que l’on conteste ainsi purement et simplement le lien avec
l’Eglise catholique. Il explique la vogue de ces cultes par le fait que ces
formes d’expression religieuse ont un caractère "tout à fait privé". Les
rites de la "Santeria" (qui mêlent divers rites afro-cubains au culte des
saints dans l’Eglise primitive) se déroulent en effet chez les particuliers. Ainsi, celui qui a peur de la répression ne va pas à l’église le
dimanche, mais pratique ces formes de religion populaire, relève le recteur
du séminaire de La Havane.
Méfiance des chrétiens envers le parti
L’ouverture du parti communiste aux chrétiens cubains est encore "de la
musique d’avenir", déclare J. Felix, qui estime cependant que peu de catholiques voudront devenir membres. Il relève en outre que le marxisme-léninisme est incompatible avec la foi. Le secrétaire du Comité central du Parti communiste, Carlos Aldana, lors d’une rencontre début décembre 1990 avec
des représentants du Conseil Oecuménique des Eglises de Cuba à La Havane,
avait indiqué qu’à l’avenir, des chrétiens pourraient également assumer des
responsabilités politiques au sein du gouvernement communiste du pays, un
gouvernement qui se comprend comme "une institution laïque, mais non
athée". A Cuba il n’existe pas de "discrimination sociale ou officielle" à
l’égard des croyants, avait-il alors assuré.
Quant aux rapports qu’entretiennent les chrétiens avec la révolution, J.
Felix pense que beaucoup d’entre eux sont révolutionnaires, car ils s’engagent sans compromis pour le bien du peuple et de la société. Sur le plan
idéologique, il y a naturellement des éléments pas si faciles à concilier,
comme par exemple le dogme athée qui sous-tend la révolution. "On ne peut
exiger de nous l’acceptation du marxisme-léninisme, car cette doctrine est
incompatible avec la foi", estime encore le recteur du séminaire catholique
de La Havane. José Felix affirme qu’aucune date précise n’a encore été arrêtée pour la prochaine visite du pape à Cuba. (apic/kna/cor)