La Havane, 13décembre(APIC) L’Eglise presbytérienne réformée de Cuba, qui
fête cette année son centième anniversaire, a récemment tenu son Assemblée
générale à Matanzas, à une centaine de km de La Havane. Une assemblée au
cours de laquelle elle s’est livrée "à une franche critique de la société
cubaine et du rôle de l’Eglise en son sein".
Au cours des délibérations, les délégués ont remis en question la légitimité du Parti communiste et la structure du pouvoir. "Le système semble se
scléroser dans son fonctionnement et a perdu la confiance d’une partie importante de la population", relèvent une centaine de participants. Selon
eux, "la majorité des Cubains et des Cubaines reconnaissent que les institutions et les structures politiques ont besoin d’un changement radical".
Le pasteur Rafael Cepeda a déclaré que "le fait le plus choquant et le
plus nuisible a été de décrire toute la réalité comme magnifique, comme si
nous étions aveugles à la réalité du péché. (...) Ne pas admettre cette
réalité a conduit la Révolution à commettre des erreurs très sérieuses et à
tolérer des inégalités tragiques. L’Eglise presbytérienne aurait dû prononcer dès le début une parole illuminée et prophétique, elle aurait dû offrir
une contribution morale... Elle ne l’a pas fait".
Après avoir rappelé la récente rencontre des dirigeants évangéliques
avec le président Fidel Castro, le secrétaire général de l’Eglise presbytérienne de Cuba, Hector Mendez, a pour sa part évoqué les jeunes, relevant
notamment que ceux-ci "revenaient en force dans les Eglises évangéliques".
(apic/spp/pr)