La Havane/New York, 22avril(APIC/CIP) Après une visite de trois jours à
Cuba, le cardinal John O’Connor, archevêque de New York, a quitté La Havane
le 22 avril pour regagner les Etats-Unis. Sa visite à Cuba répondait à une
invitation de l’épiscopat de l’île, à l’occasion des festivités organisées
pour le bicentenaire de la naissance de l’abbé Felix Varela, un des promoteurs de la volonté d’indépendance politique des Cubains par rapport à
l’Espagne. L’archevêque de New York a tiré un bilan positif de cette visite, qui lui a permis de rencontrer Fidel Castro.
"L’indépendance politique par rapport à l’Espagne est une condition
préalable à toute solution des problèmes cubains", aimait à dire Felix Varela. Ce prêtre eut une grande influence sur la jeunesse de l’époque. Il
fut finalement condamné à mort par le régime espagnol, mais s’enfuit aux
Etats-Unis, ou il fut surtout actif dans l’accueil des immigrés. Il finit
par être nommé vicaire général de New York.
C’est en raison de ces liens historiques avec la grande ville américaine
que le cardinal O’Connor a été invité à un séjour dans l’île de Cuba, ou
les festivités pour le bicentenaire de Felix Varela intéressent à la fois
l’Eglise et l’Etat. L’archevêque actuel de New York est le premier cardinal
à mettre les pieds à La Havane depuis que Fidel Castro y est au pouvoir. Et
c’est aussi la première fois, comme l’a remarqué le cardinal O’Connor luimême, la première fois depuis 135 ans qu’un archevêque de New York visite
la capitale de Cuba.
La presse officielle cubaine a manifesté un grand intérêt pour la visite
de l’archevêque new-yorkais. Selon des sources ecclésiastiques et diplomatiques, on peut considérer que l’événement est à mettre à l’actif des tentatives pour améliorer les relations entre l’Eglise et l’Etat à Cuba.
Amélioration des relations entre l’Eglise et l’Etat ?
L’archevêque de La Havane, Mgr Jaime Lucas Ortega y Alamino, a récemment
déclaré qu’entre le gouvernement et l’Eglise catholique existaient des contacts normaux et un respect réciproque. Le chef du service des affaires religieuses du parti communiste cubain, dans une interview au journal officiel "Granma", a également déclaré que les relations entre l’Eglise et
l’Etat étaient entrées dans une phase normale , caractérisée par une attitude de respect mutuel.
Selon des experts américains, la visite de l’archevêque américain n’aurait pas été possible sans l’approbation expresse de Fidel Castro. C’est ce
dernier qui a d’ailleurs autorisé une vingtaine de prêtres étrangers, récemment, à venir travailler à Cuba, ou le nombre de prêtres autochtones
reste fort limité. Le gouvernement de La Havane, en outre, a aussi condamné
la discrimination envers les croyants.
Au cours de la rencontre du cardinal O’Connor avec le président cubain,
qui a duré plus de trois heures, on a traité plusieurs problèmes touchant
aux relations entre l’Eglise catholique et l’Etat cubain. Un des points
examinés a été la libération des prisonniers politiques et la faculté qui
leur serait laissée de quitter le pays. A la revendication exprimée par le
prélat américain, Fidel Castro a répondu en disant que nombre de prisonniers avaient déjà été libérés et avaient pu quitter le pays. Pour les
autres, a ajouté le président cubain, La Havane attend toujours les visas
demandés aux Etats-Unis.
Le pape bienvenu à Cuba "au moment opportun"
Fidel Castro a également demandé au cardinal O’Connor s’il était possible de recevoir des médicaments américains à Cuba. Et il a aussi souhaité
qu’un plus grand nombre de religieuse puisse être affectées aux maisons de
repos et aux hôpitaux de l’île. Toujours durant cette rencontre, la possibilité d’une visite du pape à Cuba a également été évoquée. Fidel Castro,
dont l’archevêque de New York a fait l’éloge pour son attitude franche et
ouverte, a déclaré que Jean Paul II serait bien reçu s’il venait au moment
opportun. (apic/jt/be)