"Le parlement a réparé une grave injustice", estime le cardinal Kuharic
Zagreb, 17 février(APIC) La décision prise par le parlement croate vendredi soir de réhabiliter le cardinal Alojzije Stepinac, le primat de Croatie
décédé en résidence surveillée en 1960 après avoir passé des années dans
les geôles communistes, "répare une grave injustice", a estimé lundi le
cardinal Franjo Kuharic, archevêque de Zagreb. Le cardinal Stepinac avait
été condamné par les communistes en 1946, à l’occasion d’une mascarade de
procès, à 16 ans de prison en raison de sa prétendue collaboration avec le
régime fasciste des "Oustachis".
"L’Eglise et le peuple de Croatie l’ont toujours considéré comme innocent", a souligné le cardinal. "Nous avons maintenant reçu la confirmation
officielle que les accusations lancées contre Mgr Stepinac reposaient sur
des contre-vérités".
Mgr Kuharic relève que, en même temps que le procès de Mgr Stepinac, les
condamnations prononcées par les communistes contre des prêtres ou d’autres
personnes à cause leur foi, de leur appartenance ethnique ou de leurs opinions, ont également été annulées par le Parlement croate. Nombre de ces
personnes innocentes accusées à tort ont dû quitter leur fonction ecclésiale ou la profession qu’ils exerçaient au civil. On leur rend maintenant
tardivement justice. La décision unanime du "Sabor", le parlement de
Zagreb, est une reconnaissance du fait que l’Eglise, à l’époque du totalitarisme, a défendu la vérité et le droit, souligne le cardinal Kuharic.
"C’est aussi une marque d’estime de l’engagement de l’Eglise pour la reconnaissance des droits de l’homme, des droits des nations et de la foi."
"Le cardinal Stepinac a souffert pour cela et l’Eglise a suivi son chemin". La vénération dont est l’objet le cardinal Stepinac dans la population croate est visible aussi par le très grand nombre des fidèles qui visitent sa tombe à la cathédrale de Zagreb.
Le cardinal Kuharic souligne que dans le simulacre de procès contre Mgr
Stepinac, "ce n’est pas seulement lui, mais toute l’Eglise et le peuple
croate qui ont été condamnés"."Le cardinal Stepinac était un symbole de
paix, de pardon , un symbole de coexistence dans la liberté et l’indépendance. Il est pour nous un modèle. Comme Stepinac, l’Eglise cherche aujourd’hui en Croatie, la paix, la réconciliation et la liberté". Et le primat de Croatie de relever que la réhabilitation des personnes injustement
condamnées après la guerre est un pas important vers la réconciliation
nationale. (apic/kpr/mp)