Cri d’alarme lancé à Rome par le Père Cecchitelli (100889)
Rome, 10août(APIC/CIP) "Le risque est réel qu’il n’y est plus de
Palestinien chrétien en Terre Sainte en l’an 2000, tout au plus 2010, en
raison de l’émigration et de la diminution des naissances" : c’est le cri
d’alarme que vient de lancer à Rome le père Carlo Cecchitelli, franciscain,
responsable de la Custodie de Terre Sainte.
Parmi les Palestiniens vivant en Israël et dans les territoires occupés,
ce sont incontestablement les chrétiens qui ont le sort le moins enviable.
"L’opinion publique mondiale, qui est si sensible aux problèmes des
Palestiniens, ignore tout de l’existence de cette minorité, affirme le
religieux. On parle beaucoup de l’"Intifada", mais peu des souffrances
endurées par les chrétiens de Palestine, probablement parce qu’on croit que
tous les arabes sont musulmans."
Il reste aujourd’hui en Terre Sainte quelque 60.000 chrétiens, et leur
nombre ne cesse de diminuer. Plutôt hésitants au début de l’Intifada,
explique le Père Cecchitelli, ils se voyaient reprocher par les Arabes de
ne pas s’intéresser à la cause palestinienne, de manquer de ferveur au
combat - d’où l’apparition sur les murs d’inscriptions où ils étaient
traités de "lâches". "Aujourd’hui, poursuit-il, les musulmans ont pu
constater que, dans toute la zone chrétienne, à Ramallah, Beit-Sahour,
Beit-Jala et Bethléem, les chrétiens palestiniens se remuent, qu’ils ont eu
eux aussi leurs morts. A Beit-Sahour, ils sont en première ligne... Qu’ils
soient chrétiens ou musulmans, les Palestiniens luttent à présent pour une
cause commune."
Une solidarité à manifester
Responsable de la Custodie de Terre Sainte depuis trois ans, le Père
Cecchitelli ne cache pas son inquiétude : tandis que les Israéliens peuvent
compter sur l’aide des riches communautés juives de par le monde, les
musulmans sur celle des pays du Golfe, les chrétiens ne reçoivent que peu
de soutien.
Beaucoup choisissent dès lors l’exil. "Même Bethléem est en train de
s’islamiser. A l’heure actuelle, la ville est déjà à moitié musulmane; les
chrétiens vendant leurs maisons et leurs terres. L’an dernier, 94 jeunes
ont quitté la paroisse de Bethléem, qui compte environ 6.000 âmes. Ils
partent pour l’étranger, le plus souvent pour l’Amérique du Nord."
Interrogé sur les moyens d’enrayer cette évolution, le Père Cecchitelli
invite les chrétiens à se rendre en pélerinage en Terre Sainte. "Les nouvelles lues dans les journaux ou entendues à la télévision ont effrayé
beaucoup de gens, qui ont peur de l’Intifada. Mais il n’y a aucun risque.
On peut visiter les Lieux Saints en toute sécurité. L’afflux des chrétiens
du monde entier dans les lieux où a vécu Jésus aide la communauté
chrétienne locale de deux façons : aussi bien moralement - les chrétiens ne
se sentent plus isolés - qu’économiquement, ce qui peut freiner
l’émigration favorisée par la misère." (apic/cip/mg)