"Une heure décisive pour l’Eglise en Afrique"
Yamoussoukro, 10septembre(APIC) Avant de quitter l’Afrique, Jean Paul II
a participé à la séance finale d’une réunion du Conseil du Secrétaire général du Synode des évêques pour l’assemblée spéciale pour l’Afrique , réunie
au siège de la Fondation Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix.
C’est en janvier 1989 que le pape a annoncé la convocation d’une assemblée spéciale du synode des évêques pour l’Afrique. Une étape importante a
été franchie récemment: alors que plusieurs pasteurs s’impatientaient devant le retard mis à sa préparation, Mgr Jan Schotte, secrétaire général du
Synode des évêques, a divulgué le texte du premier document préparatoire,
les "lineamenta", le 24 juillet dernier, devant la centaine d’évêques participant à Lomé (Togo) à la deuxième assemblée du Symposium des Conférences
épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM).
Une analyse lucide et bien informée
Dans le discours qu’il a adressé aux membres du Conseil du synode africain, Jean Paul II a souligné qu’on est arrivé à une "heure décisive pour
l’Eglise en Afrique" et que le synode marquera "une étape nouvelle et lumineuse sur la route bimillénaire de l’Evangile sur le continent".
Le pape a relevé que l’évangélisation se heurte à des obstacles et
qu’elle est parfois freinée par la routine, voire encore des hésitations
sur les orientations à prendre aujourd’hui au sein de sociétés en pleine
évolution. Il a invité les membres du Conseil à unir les efforts des personnes et des communautés et a exhorté les évêques du continent à se concerter sur leur action pastorale, "en fonction d’une analyse lucide et bien
informée".
Jean Paul II a rappelé qu’un synode ne se limite pas à une simple consultation sur des problèmes pratiques: son authentique raison d’être, a-til dit, est le fait que l’Eglise ne peut progresser qu’à la condition de
renforcer la communion entre ses membres.
Dans l’homélie de la messe célébrée lundi dans la basilique de Yamoussoukro, le pape avait déjà mis l’accent sur la nécessité de "trouver le
langage qui traduise vraiment la foi en Afrique". Il avait indiqué que dans
le continent éprouvé par les divisions et l’angoisse, le dialogue dans le
respect mutuel s’impose entre tous". Le pape a enfin parlé des "graves défis de la justice et de la paix" qui interpellent l’Eglise.
Un ultime message
Au moment de prendre congé du continent africain, au terme de ce 49e
voyage apostolique, en présence du président ivoirien, Jean Paul II a dit
son espoir que l’appel à la solidarité avec l’Afrique, lancé une nouvelle
fois à l’adresse de la communauté internationale, sera entendu par celleci, afin que "la solidarité des peuples s’exerce généreusement en faveur
des nations moins favorisées et qu’il "rencontrera de plus en plus la compréhension et suscitera les initiatives et les engagements rendus nécessaires par la simple justice". Evoquant enfin la crise économique qui "entrave
le développement" et "provoque trop d’inquiétudes et de souffrances", Jean
Paul II a formé des voeux "pour l’épanouissement des peuples de cette terre
bien aimée". (apic/cip/ba)