Jean Paul II fait part de son "ardent désir" de se rendre en Chine
Séoul, 8octobre(APIC) Le pape Jean Paul II a commencé dimanche 8 octobre
la deuxième journée de sa visite à Séoul, la capitale de la Corée du Sud,
par une rencontre avec le président du pays, Roh Tae Woo, 67 ans, au pouvoir depuis février 1988. Point central de cette journée, le pape a clairement exprimé au cours de l’angélus de l’après-midi son désir de se rendre
en Chine pour y "rencontrer "nos frères et nos soeurs" qui y vivent. Il a
notamment fait par de son "ardent désir de les rencontre pour pouvoir leur
exprimer sa cordiale affection et sa sollicitude".
Plusieurs millions de catholiques vivent dans la clandestinité en Chine
en raison de leur fidélité à Rome et parce qu’ils ne sont pas membres de
l’"Association patriotique des catholiques de Chine", proches du pouvoir et
reconnus par le gouvernement. Le Saint-Siège n’entretient pas de relations
diplomatiques avec la Chine. L’avion du pape n’a d’ailleurs pas été autorisé à survoler le ciel chinois pour se rendre en Corée du Sud.
Dans son discours prononcé auparavent le matin en présence de Roh Tae
Woo, Jean Paul II a indiqué comment la Corée, qui porte encore "les cicatrices de la division et du conflit", doit affronter des "difficultés aussi
douloureuses". Il a noté que les Coréens sont mis devant le "défi de la recherche de paix et de justice vers une vie nationale d’une réunification
basée sur la justice authentique, la liberté et les droits de l’homme inaliénables".
Le pape a ensuite poursuivi en déclarant que le futur de la Corée dépendra plus que jamais de la présence parmi les citoyens de beaucoup d’hommes
et de femmes "sages, vertueux et profondément religieux". Il a exprimé sa
satisfaction pour la participation des catholiques au gouvernement du pays.
Il a en outre souhaité que le "désir ardent de paix et d’unité qui se trouvent dans le coeur de chaque Coréen puisse se réaliser".
Après sa rencontre avec le président Roh Tae Woo, le pape a célébré la
messe avec laquelle s’est achevé le 44e Congrès eucharistique international
placé sous le thème "Christ notre Paix", et qui s’est déroulé du 5 au 8 octobre. C’est la deuxième fois que Jean Paul II participe à un congrès eucharistique international. Il avait déjà assisté à celui de Nairobi (Kenya), en août 1985.
Dans son homélie, le pape s’est demandé "combien de murs et combien de
barrières divisent aujourd’hui la grande famille humaine? Combien de formes
de conflits? combien de signes de méfiance et d’hostilité sont visibles
dans tout le monde?" Il a remarqué que l’Est est séparé de l’Ouest, le Nord
du Sud, et a indiqué que "ces divisions sont l’héritage de l’histoire et
des conflits idéologiques qui divisent si souvent les peuples".
Revenant sur le thème de la Corée, le pape a relevé qu’elle est "marquée
d’une tragique division qui pénètre toujours plus profondément dans la vie
et le caractère de ce peuple. La Corée, a-t-il encore dit, est le symbole
d’un monde divisé pas encore capable de devenir un dans la paix et dans la
justice. Il a exhorté les chrétiens à affronter le "défi urgent" d’introduire cette plénitude de vie, cette paix dans les structures de la vie de
tous les jours, dans la famille, dans la société et les relations internationales.
Voyage en Chine souhaité
Durant l’angélus, à la fin de la messe, le pape a lu un message de paix
afin que "la paix du Christ descende sur toutes les nations et les peuples". Il a prié en particulier pour deux peuples "si proches" à son coeur.
Jean Paul II a recommandé à la Vierge le peuple de la Corée du Nord et,
"surtout, sa comunauté catholique". Il a souhaité que Jésus accorde très
vite le jour où "tous les Coréens seront réconciliés dans la confiance et
le respect réciproque, et réunis dans la joie de l’amour fraternel".
En rappelant alors "nos frères et nos soeurs en Christ qui vivent en
Chine continentale", il a exprimé son "ardent désir de les rencontrer pour
pouvoir leur exprimer" sa "cordiale affection" et sa "sollicitude et pour
leur dire qu’ils jouissent d’une grande estime de la part des autres Eglises locales". Jean Paul II s’est encore dit profondément ému en pensant aux
signes "héroïques de fidélité au Christ et à son Eglise témoignés par beaucoup d’entre eux dans les années passées".
Dans l’après-midi, le pape a encore rencontré les délégués au Congrès
des différents pays et leur a demandé de "cultiver dans leur coeur une profonde appréciation pour les dons que le Christ accorde continuellemnt à son
Eglise et en particulier pour ce don suprême qu’est l’Eucharistie". Il a
invité à prier afin que ce 44e Congrès eucharistique international puisse
renforcer l’Eglise dans son témoignage à Jésus-Christ. (apic/jt/pr)