Corée du Sud: ouverture mardi du Rassemblement de Séoul (050390)
Séoul, 5mars(APIC/Marie-Jo Hazard) Etrange affluence autour du gymnase
d’haltérophilie du Parc Olympique de Séoul, à la veille de l’ouverture du
grand Rassemblement: un millier de personnes sont venues du monde entier
pour participer à une étrange compétition, pacifique comme veulent l’être
les "Jeux"! A l’invitation du Conseil oecuménique des Eglises (COE), ces
personnes vont se préoccuper d’un thème aujourd’hui capital: "la Justice,
la Paix et la Sauvegarde de la création".
Un jour avant le coup d’envoi officiel du Rassemblement de Séoul (6
mars), une certaine euphorie règne dans le gymnase: on s’apprête à vivre
une nouvelle fois la grande fraternité des rencontres internationales organisées par le COE. Pourtant, on perçoit aussi une gravité; tant est lourd
le poids de l’injustice et du racisme sous toutes ses formes, de la guerre
et de la violence, de la destruction des richesses de la planète. Qui plus
est sur cette terre de Corée, où va se dérouler cette rencontre, et qui
supporte aujourd’hui encore les conséquences de la guerre, ainsi que l’a
souligné le secrétaire général du Conseil national des Eglises de Corée, le
pasteur Kwon Kok Yung, lors d’une conférence de presse, en relevant que
"les Coréens veulent mettre fin à la division qui résulte de la seconde
guerre mondiale".
Si l’engagement des Eglises de Corée, au cours des années 70, était de
solidarité avec le peuple pour tout ce qui concernait les droits de l’homme
- luttes syndicales, femmes, place des jeunes... -, depuis le début des
années 80, elles ont "développé un processus missionnaire incluant la question de la réunification du pays". Sous les auspices du COE, ajoute le pasteur Kwon Hok Yung, "nous avons pu tenir en dehors du territoire coréen
six réunions; elles nous ont permis de nous retrouver entre Coréens du Nord
et du Sud".
La contribution de l’Eglise catholique
Mais la question coréenne, si elle n’est pas étrangère au thème du Rassemblement de Séoul, n’est pas la seule qui sera abordée. Participants du
Nord et du Sud, des pays du premier comme du tiers-monde, sont venus "renouveler l’alliance que Dieu a passée une fois pour toutes avec l’homme et
la création". Il est, en effet, proposé au Rassemblement de s’engager sur
trois grandes questions: l’ordre économique mondial et la crise de l’endettement; la démilitarisation des relations entre Etats et entre sociétés;
la protection de l’environnement, de l’atmosphère terrestre et l’effet de
serre.
Ces trois "Actes d’alliance", que vont élaborer les délégués, seront
proposés, en mars 1991, à l’assemblée du COE qui se tiendra à Canberra (Australie). Une fois adoptés par les représentants des Eglises, ces "Actes"
costitueront alors un engagement concret de toutes les Eglises membres du
COE pour progresser vers la justice, la paix et la sauvegarde de la création.
L’Eglise catholique avait été conviée à être co-invitante du Rassemblement de Séoul; elle a récusé l’invitation, tout en affirmant son intérêt,
en désignant vingt "consulteurs". Cependant, une quarantaine de catholiques
participeront avec voix délibératrice au Rassemblement: l’Eglise catholique
étant membre d’un certain nombre de Conseils d’Eglises régionaux ou nationaux, des délégués catholiques figurent sur la liste des délégués officiels
au Rassemblement. Enfin, le COE a nommé quinze experts catholiques, choisis
en raison de leurs compétences dans les sujets traités et de leur engagement oecuménique.
Ces experts ne seront donc pas là en tant que représentants officiels de
l’Eglise catholique, mais leurs noms ont été communiqués au Conseil pontifical pour l’Unité des chrétiens. Enfin, cinq catholiques étaient membres
du groupe de préparation du document officiel du Rassemblement de Séoul:
leur contribution est par conséquent incluse dans le texte qui sera soumis
à la discussion des délégués. (apic/mjh/pr)