Corée du Sud: ouverture du Rassemblement de Séoul (060390)
Séoul, 6mars(APIC) C’est sur des musiques et des danses traditionnelles
de Corée que s’est ouvert lundi à Séoul le Rassemblement mondial des Eglises organisé par le Conseil oecuménique des Eglises (COE) sur le thème "Justice, Paix et Sauvegarde de la Création" (JPSC). Une ouverture au cours de
laquelle le pasteur Emilio Castro, secrétaire général du COE a fait allusion à la division de la Corée du Sud et du Nord en relevant que "nous ne
reculerons devant aucun obstacle pour faire tomber le mur" qui sépare ce
pays. Quant à l’ouverture officielle, mardi 6 mars, elle a été marquée par
un culte en présence de plus de 1000 participants, et dont la prédication
avait été confiée à Mme Marga Bührig, une des présidentes du COE.
En ouvrant lundi 5 mars ce Rassemblement, le pasteur Emilio Castro avait
regretté que les représentants de la Fédération des chrétiens de Corée du
Nord n’aient pu quitter leur pays pour participer à l’événement que constitue ce Rassemblement. Pour sa part, l’évêque Simon Sungsco Kim, président
du Conseil national des Eglises en Corée, souhaitant la bienvenue aux délégués venus des cinq continents (500 délégués votants, dont 300 représentants des Eglises membres du COE), avait retracé l’histoire de son pays.
L’eau qui manque, l’eau polluée, l’eau énergie était au centre de la
prédication de Mme Marga Bührig lors du culte d’ouverture de cette première
journée du Rassemblement qu’accueille jusqu’au 12 mars la capitale de la
Corée du Sud.
Au cours de la prière, les participants ont fait mémoire des martyrs de
la foi, dont Mgr Oscar Romero, assassiné au Salvador voici dix ans, avec
une pensée pour "les victimes de Staline, pour les Palestiniens anonymes et
ceux qui luttent pour leurs droits dans le Pacifique et qui défendent leur
terre dans les Amériques".
La présidente du groupe de préparation du Rassemblement, Marga Bührig, a
en outre souligné "l’unité profonde de tout ce qui existe dans la création
divine". Au lieu d’une romantique nostalgie du passé, elle a appelé à la
"résistance au nom de la vie, c’est-à-dire au nom de la justice et de la
paix". L’homme doit travailler, a-t-elle déclaré, "mais pas dans n’importe
quelle perspective: il est destiné à être jardinier et intendant de la
Création divine, et non pas son seigneur et maître". Or, relève Mme Bührig,
"nous constatons épouvantés que l’intégrité de la Création est si gravement
atteinte que nous ne pouvons plus la restaurer, que certains dommages sont
irréversibles".
L’apartheid au centre du premier débat
C’est cependant par une intervention du révérend Frank Chikane, secrétaire général du Conseil des Eglises d’Afrique du Sud, qu’a commencé le
travail proprement dit des délégués au Rassemblement oecuménique. Rappelant
la libération de Nelson Mandela, le pasteur Chikane a souligné que celle-ci
ne signifie pas encore la libération pour le peuple sud-africain, parce
que, a-t-il dit, l’apartheid n’est pas aboli.
Et de rappeler que la situation de l’Afrique du Sud, pour dramatique
qu’elle soit, n’est pas unique. "La misère est un luxe que nous ne pouvons
plus nous permettre, a-t-il poursuivi avant d’inviter à une prise de conscience: " Nous nous trouvons aujourd’hui face à un problème épouvantable:
nous ne contrôlons plus ce que nous avons découvert! Nous avons acquis la
capacité de nous détruire nous-mêmes et de détruire toute la création, mais
nous avons perdu le contrôle de notre création! Il faut nous arrêter et réfléchir à notre incapacité à contrôler notre propre création. Sans quoi
nous seront condamnés!"
Trouver un nouveau modèle de société
A propos des pays de l’Est, qui veulent mettre en place un ordre nouveau, le pasteur sud-africain se demande de quel ordre nouveau il peut
s’agir. Et de répondre: " Ce ne peut être le capitalisme, qui a fait la
preuve de son incapacité à résoudre les problèmes. Le viel ordre maintient
sous sa domination les pays du tiers monde". Pour l’orateur, il faut trouver de nouveaux modèles de société, inventer de nouveaux concepts de démocratie: "Les Eglises ne peuvent pas produire ces nouveaux modèles... mais
elles peuvent faciliter leur recherche". Et de conclure en déclarant que
nous devons mettre un terme à l’injustice et à l’oppression dans le monde,
au racisme et au sexisme, à la pauvreté: "Nous devons cesser d’écraser les
pays pauvres sous le fardeau d’une dette qu’ilss sont incapables de payer".
C’est précisément cette recherche qu’ont entreprise les délégués qui se
sont réunis mardi en groupes de travail sur la première partie du document
préparatoire au Rassemblement. Avec, au programme, dont le thème est "Désintégration de la création", une analyse des réalités - injustices, violations des droits de l’homme, violence, nucléaire, militarisation -; une découverte de l’"Alliance", face au Dieu de l’Alliance, l’infidélité de
l’homme et l’urgence de la repentance. (apic/spi/mjh/pr)