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    Corée du Sud : 800 prêtres défient le Président Roh Tae Woo (090889)

    Séoul, 9août(APIC) L’Association des Prêtres catholiques Coréens pour la

    Justice (CPAJ) a demandé au Président sudcoréen Roh Tae-woo de donner suite

    à sa déclaration de 1988 sur la réunification. Dans cette déclaration, le

    Président encourageait les contacts des civils avec la Corée du Nord pour

    préparer le terrain d’une réunification pacifique. Accusant le Président

    Roh Tae Woo d’avoir restauré le régime autoritaire de l’administration Chun

    Doo Hwan, et ceci "au nom de la réunification nationale", un groupe de plus

    de huit cents prêtres sud-coréens membres du CPAJ vient de proclamer une

    période de neuf jours de prière afin d’obtenir la libération de trois prêtres récemment arrêtés.

    Selon le porte-parole de l’Association des Prêtres pour la Justice, qui

    rassemble près d’un tiers des 1.100 prêtres catholiques du pays, cette invitation à la prière "n’est qu’une première étape d’un programme anti-gouvernemental" mis au point la semaine dernière. Les protestataires entendent

    surtout exprimer leur solidarité avec trois prêtres détenus pour avoir aidé

    l’un de leurs collègues, le Père Moon Kyoo-hyun , membre comme eux de l’Association des Prêtres pour la Justice, à se rendre en Corée du Nord. Ce

    prêtre y était délégué par l’association pour aller à la rencontre d’une

    jeune dissidente catholique sudcoréenne, une leader étudiante, Im Su Kyong,

    21 ans, qui, bravant la "loi de sécurité nationale" interdisant de se rendre en Corée du Nord sans autorisation officielle, avait assisté début

    juillet à un festival de la jeunesse organisé à Pyongyang, la capitale

    nord-coréenne. Des vingt prêtres arrêtés le 27 juillet dans un village

    frontalier proche de la zone démilitarisée, où ils s’étaient rendu en en

    voiture pour accueillir leur confrère et la jeune dissidente, trois restent

    actuellement détenus.

    La protestation des prêtres sud-coréens, qui annoncent également une

    grève de la faim, sera exprimée dans une lettre au président, l’invitant à

    être cohérent avec son discours du 7 juillet 1988, où il déclarait encore

    que "pour Séoul, la Corée du Nord n’est plus un pays ennemi".

    L’association des Prêtres pour la Justice est également en désaccord

    avec les évêques catholiques coréens qui ont publié un rapport datant du 8

    juillet déclarant que le gouvernement est la seule autorité compétente pour

    rétablir les contacts avec la Corée du Nord. Dans ce même rapport, les évêques désapprouvent également la visite du Père Moon Kyoo-hyun en Corée du

    Nord.

    Peu avant l’arrestation de ces prêtres, l’Association des Prêtres pour

    la Justice a publié un "Rapport sur la justice" dans lequel il déclare que

    pour les personnes déjà arrêtées, le Père Moon Kyoo-hyun, Susana Im Su-Kyong, le pasteur protestant Moon Ik-hwan et le député catholique Suh Kyungwon, "n’ont commis qu’un seul crime, celui de désirer l’unité. Tous les obstacles à la réunification doivent être balayés et nous espérons pouvoir

    célébrer le prochain Congrès Eucharistique International d’octobre avec nos

    frères et soeurs de la Corée du Nord.

    "Nous irons en prison, déclarent les prêtres en conclusion. Nous désirons l’unification mais nous admettons avoir violé la loi. Ainsi, c’est

    dans le calme que nous nous laisserons emprisonner. Nous espérons que les

    autorités reconnaîtront et regretteront leurs erreurs". (apic/cip/ucn/mg)

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