Consistoire de l’Eglise protestante de Genève (021091)
Genève, 2octobre(APIC) Trop peu visibles, les Eglises protestantes ?
C’est une des questions qui ont émergé lors de la dernière session du Consistoire de l’Eglise nationale protestante de Genève (ENPG). Réunis à Onex,
les 26 et 27 septembre, les membres du législatif de l’ENPG se sont penchés
sur l’image des Eglises dans les médias, avant de reprendre leurs travaux
en vue de la révision de la Constitution.
"Donnez une autre image de l’Eglise que celle de poussiéreuse et triste.
Créez l’événement !" Le ton de Michel Kocher, journaliste à la Radio romande, se voulait volontairement provocateur lors de la présentation de l’Office des moyens de communication sociale (OMCS) devant le Consistoire de
l’Eglise nationale protestante de Genève. Créé dans les années 1970, cet
organisme coordonne la présence des Eglises protestantes de Suisse romande
dans le domaine du cinéma, de la Télévision et de la Radio.
L’occasion pour les personnalités présentes - Guy Perrot, directeur de
l’OMCS et les journalistes Maurice Terrail (Cinéma/TV), Henri Kunzler et
Michel Kocher (Radio) - de rappeler que les émissions religieuses, protestantes et catholiques confondues se portent bien, leur volume ayant récemment augmenter avec la création des émissions "Clé de voûte" et "Bleu
ciel". Occasion également de souligner que le culte dominical retransmis à
la radio est l’émission la plus écoutée avec entre 60’000 et 80’0000 auditeurs chaque dimanche. En première position vient la "Minute oecuménique".
L’occasion enfin de se féliciter du succès de "Ciné-feuilles", cahier bimensuel oecuménique consacré à la critique de cinéma qui, avec ses 800
abonnés, poursuit son chemin.
Malgré ce tableau optimiste, les membres de l’OMCS ont fait part de leur
inquiétude, notamment par rapport à la baisse dramatique de la qualité musicale des cultes. Une baisse de qualité qui pourrait, selon eux, mettre en
péril la diffusion du culte-radio dans les années à venir. Pour pallier à
cet inconvénient, les responsables des émissions religieuses envisagent de
créer des groupes de chant dans les paroisses avant l’arrivée de la radio.
"Faites-nous de temps en temps un petit scandale"
C’est en abordant la question de la stratégie d’information des Eglises
que certaines faiblesses ont été mises à jour. Certains membres de l’ENPG
se plaignant de la faible présence protestante dans les médias, la réponse
fut immédiate. Selon Michel Kocher, la raison de cet effacement est à chercher du côté des Eglises elles-mêmes. Ces dernières offrent trop peu d’événements ou de personnes à mettre en évidence. "Faites-nous de temps en
temps un petit scandale", citait en guise de boutade un autre membre de
l’OMCS.
Les Eglises souffrent par ailleurs d’une mauvaise stratégie
d’information. "Il ne faut pas croire que les médias sont des véhicules
d’information neutres, lançait Michel Kocher. Les médias ont une
personnalité propre." Autrement dit: les Eglises doivent renoncer à croire
qu’elles peuvent faire dire à un journaliste ce qu’elles souhaitent; les
Eglises doivent accepter qu’elles ne peuvent totalement maîtriser
l’information qu’elles transmettent; elles doivent accepter le risque de
voir traiter l’information retraduite de manière différente. Enfin, point
essentiel relevé par l’OMCS: le contact personnel. Un média n’est pas une
entité abstraite et rien ne remplace le contact direct avec des
journalistes.
Un débat essentiel, mais qui faute de temps, n’a pu être poursuivi. Le
Consistoire donnait en effet priorité à ses travaux de révision de la Constitution. Avec une question essentielle au programme: celle du statut de
l’ENPG. Celle-ci a adopté au début du siècle un statut qui la situe à michemin entre le droit privé (au même titre qu’une association) et le droit
public (au même titre qu’un organe de l’Etat).
La Commission juridique, favorable au premier modèle, a fait une proposition tendant à assimiler l’Eglise à une entité de droit privé; un projet
définitif devra être présenté lors d’une prochaine séance du Consistoire.
Une formule dont Christian Bolle, secrétaire général de l’Eglise, a présenté l’un des avantages: celui d’offrir une plus grande clarté dans la représentation vis-à-vis du public. Le Bureau du Consistoire fusionnant avec le
Conseil exécutif, la représentation ne serait plus bicéphale comme elle
l’est actuellement.(apic/spp/ba/pr)