Conseil presbytéral du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg (261090)
Fribourg, 26octobre(APIC) Le Conseil presbytéral (CPy) du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg a poursuivi jeudi au Centre diocésain à Villarssur-Glâne, près de Fribourg, la réflexion entamée lors de sa précédente
rencontre sur la pastorale des migrants et les missions linguistiques et
sur la baisse inquiétante des forces pastorales à l’horizon de l’an 2000.
Mgr Gabriel Bullet, évêque auxiliaire de Lausanne, a en outre donné des informations sur le travail d’une Commission de la Conférence des évêques
suisses chargée de réfléchir aux problèmes de bioéthique. Le CPy a de plus
décidé de réunir l’ensemble des prêtres pour une ou deux journées de réflexion.
Le 31 mai dernier, les délégués des prêtres du diocèse avaient discuté
en petits groupes de la situation des missions linguistiques. Ils s’étaient
posé la question de la pertinence du maintien des plus anciennes d’entre
elles, italiennes et espagnoles. Les immigrés de ces deux pays sont installés depuis un certain temps et l’immigration nouvelle est rare. Pour les
Portugais, la situation est différente: la plupart des ressortissants de ce
pays n’ont qu’un statut de saisonnier qui rend difficile une intégration.
Dans les carrefours, les missions de groupes minoritaires (croates, tchèques,...) n’ont pas été été beaucoup évoquées: la question est de savoir si
elles gardent un sens. Les délégués singinois ont évoqué les missions allemandes dans les cantons francophones, importantes à leurs yeux; d’autres
ont parlé de la pastorale du tourisme.
Les questions qui se posent, pour le CPy, concernent surtout les rapports de ces missions linguistiques avec la pastorale locale. Quels sont
les services assurés par les uns (la communauté locale) et les autres (la
mission linguistique)? Comment favoriser l’intégration des aumôniers des
missions dans le presbyterium diocésain et améliorer leurs relations? En
fonction des expériences vécues avec les anciennes missions, de la nécessité d’une pastorale pour de nouveaux milieux ou groupes culturels (Portugais, Africains et ressortissants des pays de l’Est), il y a peut-être des
changements à prévoir dans l’organisation diocésaine, cantonale et paroissiale et dans l’organisation des missions elles-mêmes.
Ces problèmes seront débattus par une Commission de quatre membres nommés jeudi par le CPy, auxquels s’adjoindront quatre membres désignés par
les missions linguistiques. Cette Commission devra tenir compte en plus de
nouveaux problèmes socio-économiques: ouverture des frontières européennes
en 1993; augmentation probable du chômage en Suisse, ce qui signifie le départ des travailleurs migrants; réorganisation de l’agriculture,... autant
d’inconnues quant à la présence des étrangers en Suisse.
Les questions que pose la bioéthique
Dans le cadre de cette journée, Mgr Gabriel Bullet a donné quelques informations sur le travail d’une Commission de la Conférence des évêques
suisses chargée de réfléchir aux problèmes de bioéthique, dans l’optique
d’une prise de position dans le cadre du débat sur l’initiative fédérale
lancée par le magazine "Beobachter". Elle concerne les techniques de procréation assistée et les interventions sur le patrimoine génétique humain.
De nombreuses questions restent posées: dans le domaine de la procréation,
l’insémination homologue ou hétérologue; les banques d’embryons et les embryons surnuméraires; les mères porteuses. Les recherches actuelles dans le
domaine de la manipulation du patrimoine génétique ont également de graves
conséquences éthiques. D’où l’importance du travail de cette Commission
malgré la complexité du problème.
Gros morceau en fin de journée: à l’horizon de l’an 2000, de quelles
forces pastorale dispose le diocèse? Remy Berchier et Gérald Carrel ont
réalisé un patient travail de statisticien pour déterminer, canton par
canton, le nombre des prêtres et religieux engagés dans la pastorale et
surtout leur âge. Avec une moyenne située entre 50 et 60 ans, le vieillissement du clergé est une évidence depuis longtemps. Quelles en sont les
conséquences? Quelle politique de nomination adopter? Quelle formation pour
les laïcs et les religieux qui devront s’insérer dans le travail pastoral?
Pour mieux illustrer ces questions, par des petits ronds de couleurs,
chaque poste pastoral a été reporté sur une immense carte du diocèse; peu
de zones absolument vides, une forte concentration dans trois villes (Genève, Lausanne et Fribourg), mais beaucoup d’indications "prêtres à la retraite"... Dans les interventions, aucun signe de pessimisme: certains diocèses connaissent des situations pires. Et de souligner aussi l’espérance
que représente l’engagement, depuis quelques années, de très nombreux
laïcs, en catéchèse par exemple.
Vers une réunion de l’ensemble des prêtres du diocèse
Le CPy compte poursuivre sa réflexion en affinant les statistiques et en
les faisant analyser par des spécialistes. Un travail qui devrait déboucher
sur un questionnaire pour une enquête auprès de tous les organismes et personnes concernés. Les divers ont permis d’aborder les questions liées au
700e anniversaire de la Confédération et à la décision du Tribunal fédéral
dans l’affaire du crucifix dans les écoles. Le CPy a en outre décidé de
donner suite à l’invitation de Mgr Pierre Mamie de réunir l’ensemble des
prêtres du diocèse pour une ou deux journées de fraternisation, de célébration et de réflexion autour de la question: "Que sera le diocèse de demain?" Le Bureau du CPy se chargera de préparer concrètement une telle rencontre. (apic/ys/pr)