Conseil fribourgeois de pastorale (151192)
Fribourg, 15novembre(APIC) Le Conseil fribourgeois de pastorale, formé
des délégués laïcs des paroisses du canton, a tenu séance samedi à Fribourg
autour du thème de la famille. Même si elle subit les assauts du monde contemporain, la famille reste une des valeurs fondamentales de la société et
de l’Eglise, ont constaté les participants. Comment dès lors concilier
l’idéal de fidélité chrétienne et la situation actuelle souvent faite de
ruptures et de souffrances?
Etudier, évaluer, proposer, telles sont les trois tâches du conseil de
pastorale, a rappelé le président Carlos Terradillos en ouverture de la
journée. Germain Bouverat, ancien chef de la Centrale pour les questions de
la famille à la Confédération a présenté d’abord l’évolution récente de la
famille en Suisse et dans le canton de Fribourg. La famille aujourd’hui
pourait être définie comme un groupe social fondé sur les relations
parents-enfants et reconnu par les institutions. Elle comprend au moins un
adulte et un enfant. L’évolution dans le canton de Fribourg tend à se
rapprocher de la moyenne suisse et ne présente plus de particularité liée à
la confession, remarque-t-il.
L’Etat, même s’il proclame depuis longtemps le souci de favoriser la famille, reste à la traîne au niveau des mesures sociales, déplore G. Bouverat. Les femmes attendent depuis 45 ans une assurance maternité. Les enfants, après 5 échecs parlementaires, n’ont toujours pas droit à des allocations familiales fédérales égales pour tous. Dans de nombreux cantons la
fiscalité pèse trop lourdement sur les familles. L’aide directe au logement
n’existe que dans de rares cas. Sans parler du douloureux problème des enfants maltraités ou négligés. Malgré cette situtation qui pourrait paraître
assez sombre, la famille reste une valeur fondamentale, l’ONU lui a d’ailleurs consacré l’année 1994 et une déclaration des droits de la famille est
en préparation, signale-t-il.
L’abbé André Bise, depuis 25 ans aumônier des équipes Notre-Dame, a rappelé, en citant "Familiaris consortio" de Jean Paul II, que le pacte congugal est institué par le Créateur dès le commencement. Dans la pensée catholique, le sacrement du mariage n’est pas donné par le prêtre mais réside
dans le consentement mutuel des époux. Dans la tradition occidentale, la
famille est aussi liée à la maison, au foyer. Le pape parle de la famille
comme Eglise domestique. C’est elle en effet qui est le premier lieu de
l’évangélisation. Pour l’abbé Bise, l’action pastorale doit passer par le
contact direct avec les familles pour les accompagner dans leurs joies et
dans leurs peines. Au delà de la douloureuse question des divorcés remariés, elle doit être capable de s’adresser à tous.
Dans l’homélie de la messe, Mgr Pierre Mamie, évêque du diocèse, a parlé
de la "partition divine" de la famille dans laquelle chacun est appelé à
jouer selon son propre registre. La hiérarchie n’est pas là pour faire des
lois, mais pour dire la Parole et la volonté de Dieu, a-t-il souligné.
Dans l’après-midi, outre la discussion en groupes, les participants ont
pu découvrir la vidéo "Raconte-moi une famille", réalisée par le Centre
pastoral du Jura. Un excellent moyen d’ouvrir le débat en paroisse ou en
groupe. (apic/mp)