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    Il est criminel d’attendre!

    Congo : Cri d’alarme d’organisations chrétiennes avant la venue à Bruxelles de J. Kabila

    Bruxelles, 15 mars 2001 (APIC) "Aider la RDC, d’urgence! Face à la détresse des Congolais, il est criminel d’attendre": c’est le "cri d’alarme" lancé par le Réseau Européen Congo (REC) et par la Concertation chrétienne pour l’Afrique centrale (CCAC), deux organisations basées à Bruxelles, à l’occasion de la visite du président congolais Joseph Kabila à la Commission européenne à Bruxelles.

    L’arrivée au pouvoir de Joseph Kabila et les signes d’ouverture des dirigeants congolais en faveur du processus de paix ont créé de nouvelles opportunités qui doivent être saisies rapidement, "en particulier par l’Union européenne" (UE), estiment les signataires. L’UE est en effet "le principal bailleur de tous les pays impliqués dans la guerre" au Congo-RDC, notent-ils, mais "tous ne sont pas logés à la même enseigne": l’UE applique une politique de "deux poids, deux mesures", tant sur le plan diplomatique que sur celui de l’aide, "qui avantage non pas la RDC... mais les Etats qui l’occupent".

    Or la paix ne pourra venir que d’un double mouvement, plaident les organisations: "d’une part, décourager les aventures militaires dans la région par une conditionnement de l’aide budgétaire européenne et éviter son détournement à des fins militaires, et d’autre part renforcer les capacités de la RDC à se relever." La RDC, ajoutent les 0NG, a besoin de bien plus que de perfusions humanitaires: "Vu la pauvreté extrême des populations et leur incapacité croissante à prendre encore en charge les services relevant de la responsabilité de l’Etat, il est urgent de reprendre et d’étendre certaines formes d’aide ’structurelle’, principalement dans le domaine de la santé, de l’éducation et des infrastructures."

    Passer par les organisations civiles et les Eglises

    Dans un premier temps, suggèrent les ONG, ces aides continueront à passer par les organisations de la société civile et des Eglises, éventuellement par des entreprises privées (congolaises et étrangères) et para-étatiques, ainsi que par certaines entités administratives décentralisées (mairies, provinces, communes, territoires) fiables et contrôlables. Mais "au fur et à mesure que le gouvernement de RDC fera preuve de transparence budgétaire, du respect des droits et libertés fondamentales et de son engagement dans le dialogue national, d’autres formes d’aide devraient être envisagées, y compris le financement de programmes spécifiques à travers les canaux gouvernementaux".

    Entre-temps, l’aide humanitaire doit être augmentée. Il faut pour cela "investir davantage dans l’identification et le suivi de canaux endogènes supplémentaires, proches de la population et redevables envers cette population, en particulier dans les zones difficilement accessibles et dans les territoires occupés".

    Une bonne trentaine d’ONG actives en Afrique centrale font partie des réseaux CCAC ou REC, parmi lesquelles la moitié sont belges (dont Entraide et Fraternité, la Fondation Damien, Memisa, l’Opération 11.11.11., Solidarité Protestante, Solidarité Socialiste...), Misereor (Allemagne), Frères des Hommes/France, Christian Aid (Royaume-Uni), "Incontro Fra I Popoli" (Italie), Cordaid (Pays-Bas), Diakonia (Suède) et L’Action de Carême (Suisse). (apic/cip/bb)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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