Conflit du Golfe: pas de médiation du Vatican (200193)
Rome, 20janvier(APIC) C’est un "oui mais" qu’a répondu mardi Mgr JeanLouis Tauran, secrétaire pour les rapports avec les Etats, à la requête du
représentant du gouvernement irakien. Reçu mardi pour la seconde fois à sa
demande au Vatican, l’ambassadeur Wissam Chawkat Al-Zahawi avait demandé
que la Secrétairerie d’Etat intervienne auprès du secrétaire général de
l’ONU afin de s’employer "à favoriser le dialogue entre les parties intéressées et la cessation des actions militaires".
C’est donc l’observateur du Saint-Siège aux Nations Unies, Mgr Renato
Martino, qui devrait s’employer à défendre la position du Vatican, telle
qu’elle a été rappelée dans un bref communiqué. Ce dernier se dit "convaincu que le recours aux armes pour imposer sa propre volonté et son programme
politique ne peut que conduire à un accroissement de la violence et à des
conséquences pas toujours contrôlables".
Le Vatican reste fidèle à sa position dans la crise du Golfe, pensant
d’abord aux souffrances infligées au peuple irakien. Il ne voit donc pas
d’un bon oeil les dernières initiatives prises par les Américains aidés par
les Français et les Anglais dans la crise du Golfe, mais il n’entend pas
pour autant prendre ouvertement parti.
Autre précision à laquelle tient le Saint-Siège: accepter d’intervenir
auprès de l’ONU ne signifie pas pour lui de servir de médiateur dans cette
affaire. La notion de médiation correspond en effet en termes diplomatiques
à une démarche claire: deux parties demandent à un tiers de jouer les bons
offices à propos d’un contentieux précis. Ce qui n’est pas le cas ici.
L’unique exemple récent de médiation de la part du Vatican concernait la
demande conjointe du Chili et de l’Argentine à propos d’une vieille querelle sur le tracé de la frontière sur le canal de Bealge. Une médiation qui a
abouti en 1984. (apic/cip/pr)