Conflit dans l’ex-Yougolavie: (050793)
La seule stratégie du Vatican? Celle du dialogue
Rome, 5juillet(APIC) Dans une interview publiée dans le quotidien "La
"Croix-L’Evénement", à paraître mardi 6 juillet, entretien consacré à l’exYougoslavie et aux polémiques sur les responsabilités du Saint-Siège dans
l’aggravation de la crise, Mgr Jean-Louis Tauran, "ministre des Affaires
étrangères" du Vatican, repousse toute responsabilité dans le déclenchement
du conflit et rejette tout découpage "ethnique".
Répondant à certaines accusations lancées notamment en France et aux
Etats-Unis, selon lesquelles le Saint-Siège a contribué à accélérer la crise dans l’ex-Yougoslavie, en reconnaissant avant les autres la Croatie et
la Slovénie, Mgr Tauran, qui reconnait que s’il est exact que le Saint-Siège a procédé à ces reconnaissances deux jours avant les Etats membres de la
communauté européenne, relève qu’un tel acte "ne tombe pas à l’improviste".
Le "ministre des Affaires étrangères" du Vatican rappelle ensuite un
certain nombre d’événements. Notamment que le Saint-Siège, en janvier 1991,
avait, dans le cadre de la CSCE, questionné les Etats participants à Prague, sur la nécessité de suivre avec attention l’évolution de la situation
dans l’ex-Yougoslavie, et d’accomplir des réformes constitutionnelles. Que
six mois plus tard, le Saint-Siège suggérait aux responsables politiques de
la Slovénie et de la Croatie de réfléchir sur l’utilité de formes confédérales pour surmonter leur différent avec la Serbie; ainsi que le mémorandum
adressé le 26 novembre à la CSCE. Mémorandum qui proposait que la reconnaissance internationale de la Slovénie et de la Croatie se fasse d’une manière concertée. Des conditions étaient posées: respect des principes de
l’acte final d’Helsinki et de la charte de Paris; engagement des nouveaux
Etats à mettre en oeuvre les principes démocratiques; respect des droits de
l’homme; acceptation enfin que l’application des engagements relatifs aux
minorités nationales soit réalisée sous le contrôle d’une structure internationale, la CSCE.
Pour Mgr Tauran, la seule stratégie du Saint-Siège a été la stratégie du
dialogue, que le Vatican a toujours tenté de favoriser, en Bosnie-Herzégovine, par exemple, entre catholiques et orthodoxes, mais aussi avec les musulmans.
A propos du nouveau découpage prévu, Mgr Tauran pose une question: "Comment le Saint-Siège pourrait accepter un accord qui prévoirait des Etats
ethniques? Ce serait d’ailleurs un suicide... et de nouvelles dictatures.
Mais si un accord finit par être signé par toutes les parties? "Nous ne
pourrions pas accepter l’établissement d’Etat purement ethniques. Mais si,
dans ce découpage, est prévu le respect du droit des minorités et du retour
des réfugiés, ce serait autre chose, conclut Mgr Tauran. (apic/dch/pr)