la commission "La femme dans l’Eglise" adoptés
Mgr Schwery demande plus de transparence dans les relations avec Rome
Berne, 8septembre(APIC) La Conférence des évêques suisses (CES) s’est
réunie en assemblée ordinaire du 5 au 7 septembre au Tessin - le diocèse de
Lugano fêtait la veille son centième anniversaire -. Elle a adopté à cette
occasion les statuts de sa nouvelle commission "La femme dans l’Eglise",
une commission qui devrait avoir une "fonction de radar et de sismographe"
pour prendre en compte la place et la sensibilité des femmes dans l’Eglise.
Au cours de la traditionnelle conférence de presse de la CES jeudi à
Berne, son président, Mgr Schwery, a demandé plus de transparence dans les
relations avec la curie romaine, notamment dans le domaine de la réintégration des traditionalistes restés fidèles à Rome.
Il a estimé que la communication ne fonctionnait pas du tout dans ce domaine puisqu’il devait puiser ses informations dans la presse : "Donc,
regrette-t-il, c’est avouer clairement et explicitement que la transparence
ne fonctionne en tout cas pas entre le Saint-Siège et les évêques du lieu.
Je suis quand même en droit de me dire : pourquoi les évêques du lieu, qui
sont les premiers concernés, ne sont pas directement informés. C’est déplorable, parce que ce n’est pas seulement une question de discipline, mais
également de doctrine".
Respecter les prérogatives de l’Eglise locale
L’évêque de Sion relève alors l’importance de l’Eglise locale et de l’évêque lié à son diocèse. S’il accepte la mise sur pied par Rome d’une commission ad hoc pour essayer d’arranger les choses avec les traditionalistes, il souhaite cependant vivement que l’on respecte les prérogatives de
l’évêque du lieu, ce qui n’est manifestement pas le cas dans cette affaire.
Cette manière de faire romaine blesse, en Suisse du moins, des sentiments
démocratiques très enracinés. Mgr Schwery a cependant tenu à souligner que
ce centralisme romain et ce manque de transparence n’étaient pas, comme on
le pense souvent, à mettre au compte du pape. A son avis, Jean Paul II
n’est pas un homme de curie et il n’en connaît pas toutes les coulisses.
Bilan positif de l’Année Mariale
La CES a encore dressé un bilan positif de l’Année Mariale et s’est félicité des nombreuses initiatives locales prises à cette occasion. Mgr
Schwery a souligné que cette Année avait été l’occasion de se repencher sur
l’un des aspects de la foi catholique, la dévotion mariale, et de rafraîchir, voire épurer la doctrine mariale. Le couronnement de cette Année a
été le pèlerinage de toute la Suisse, qui a rassemblé près de 15’000 personnes à Einsiedeln à la mi-août. Le président de la CES s’est réjoui du
caractère populaire de cette participation.
La nouvelle commission "La femme dans l’Eglise" (CFE), la 13ème de la
CES, dont les statuts ont été approuvés, sera composée exclusivement de
femmes et son rôle sera consultatif. La CFE examinera, par mandat ou sur sa
proposition et avec l’accord de la Conférence des évêques, des questions
concernant la pastorale, la vie ecclésiale ou sociale et qui ont de l’importance pour toutes les Eglises locales en Suisse. La CES désignera ses
membres lors de son assemblée d’automne. En feront partie des femmes de
toutes catégories sociales : des femmes qui exercent un emploi, des
catéchistes, etc, et non seulement des responsables d’organisations
féminines catholiques.
La CES a encore honoré la mémoire de la "nuit de cristal" du 9 novembre
1938, qui a vu la cruauté des nazis envers les Juifs atteindre l’un de ses
premiers sommets. Mgr Schwery a dénoncé les effets dévastateurs de l’antisémitisme et du génocide nazi, tout en rappelant que les évêques suisses
condamnent tout génocide, quel qu’il soit, et défendent le droit inaliénable à l’existence pour tout homme et tout peuple. Concernant le film
contesté de Martin Scorsese "La dernière tentation du Christ" qui a été
présenté mercredi soir au Festival de Venise, le P. Trauffer, secrétaire de
la CES, a déclaré qu’il ne valait pas la peine d’en parler trop et de lui
faire de la réclame, "étant donné que c’est une oeuvre tellement médiocre".
(apic/be)