Conférence de presse de la Conférence des évêques suisses (CES) (070391)
Berne, 7mars(APIC) Les tensions dans le diocèse de Coire n’ont pas diminué, mais ont au contraire augmenté, constate la Conférence des évêques
suisses (CES), qui a tenu sa 211e assemblée ordinaire du 4 au 6 mars à Lucerne. Au cours d’une conférence de presse jeudi à Berne, la CES a reconnu
que ses tentatives de médiation avaient échoué. Au sujet de la biogénétique
et de la procréation assistée, la CES dit non à la fécondation in vitro,
aux mères porteuses, au don et commerce d’embryons, à la procréation assistée pour les non mariés, à l’insémination hétérologue et aux interventions
dans le patrimoine génétique des embryons et des cellules germinales.
Le Groupe de dialogue de la Conférence des évêques suisses (CES), mis
sur pied l’automne dernier à la demande de Mgr Haas pour tenter de trouver
une solution aux problèmes qui déchirent le diocèse de Coire, a cessé de
fonctionner. "Je pense personnellement que c’est un constat d’échec et que
le Groupe de dialogue n’a pas atteint ses objectifs", a estimé Mgr Gabriel
Bullet, évêque auxiliaire de Lausanne, Genève et Fribourg, et vice-président de la CES.
La CES souhaite que Mgr Haas change de style
"Un grand nombre d’évêques, peut-on lire dans un communiqué remis à la
presse, ont une fois encore exprimé à l’évêque de Coire leurs très sérieuses préoccupations quant au mode et au style de ses procédés sur diverses
questions et l’ont prié instamment de faire tout son possible pour obtenir
une amélioration de la situation".
Rencontre avec le pape en juin
Les signes montrés par l’évêque de Coire pour témoigner de sa volonté de
dialogue "sont insuffisants", a constaté Mgr Bullet qui "souhaite ardemment" que Mgr Haas entre vraiment en discussion. La CES demande également
aux adversaires de Mgr Haas de faire eux aussi des pas significatifs et à
tous les groupes "de ne pas blesser la vérité et l’amour chrétiens au coeur
des inévitables confrontations". Quant aux problèmes de communication et de
compréhension culturelle entre la Suisse et Rome, Mgr Bullet a souligné que
c’est pour cela que la rencontre de la mi-juin entre les évêques suisses et
le pape, "rencontre souhaitée des deux côtés", est si nécessaire.
Appel aux responsables politiques, aux médecins et aux couples
S’inspirant de l’Instruction de la Congrégation romaine pour la doctrine
de la foi sur "le respect de la vie naissante et la dignité de la procréation" (Donum Vitae, février 1987), les évêques suisses ont lancé un appel
aux responsables politiques, aux médecins et scientifiques et aux couples
concernés afin que l’on renonce aux méthodes de procréation assistée. L’insémination homologue (avec le sperme du mari) est tolérée de façon exceptionnelle. Il s’agit pour les évêques suisses, conseillés en ce domaine par
un groupe d’experts, que l’on protège au maximum la dignité de la procréation et de l’union conjugale et que l’on évite des problèmes non résolus et
graves comme le sort des embryons surnuméraires résultant de la fécondation
in vitro.
Comme l’a souligné Mgr Bullet, cet appel, qui est publié alors que ces
questions sont actuellement discutées au Parlement, vise d’abord à éclairer
les consciences des catholiques et à servir la communauté des hommes en
s’engageant en faveur des valeurs fondamentales, comme le respect de la vie
de la conception à la mort et l’originalité de la transmission de la vie
dans le mariage, la protection de la personne humaine et de la famille.
La CES dit aux couples privés du bonheur d’avoir des enfants qu’ils ne
perdent aucunement par là leur dignité et qu’ils sont appelés à une fécondité d’un autre ordre qui peut donner pleinement un sens à leur vie. Elle
souhaite que médecins et scientifiques consacrent davantage d’efforts pour
combattre directement le mal de la stérilité afin de le prévenir ou de le
guérir. Les évêques demandent aussi à ceux qui s’engagent pour le respect
de la vie et de la famille, comme par exemple "Oui à la vie", de le faire
courageusement, mais d’éviter de recourir à des actions contestables, comme
des manifestations violentes ou l’occupation de cliniques pratiquant
l’avortement, car cela dessert la cause qu’ils veulent servir et bafoue la
liberté de conscience.
A ce propos, le Dr. Antoine Nussbaumer, médecin à Monthey et vice-président de "Oui à la vie" du Valais, citant les "Exigences chrétiennes en politique" du cardinal Journet, a souligné qu’une politique chrétienne s’interdit de forcer la conscience des citoyens non-chrétiens. Pas question
donc d’user de violence ou de manquer de respect dans ce domaine, mais de
convaincre et de faire appel aux consciences. (apic/be)