Les évêques étudient le projet de "Catéchisme pour l’Eglise universelle"
Un des points d’achoppement : la présentation de la morale
Berne, 8mars(APIC) Le "Catéchisme pour l’Eglise universelle" ne sera pas
prêt avant 1992, a déclaré jeudi à Berne Mgr Candolfi, président de la Conférence des évêques suisses (CES). C’est plus dans le domaine de la morale
que de la foi que ce projet fait actuellement problème pour certains épiscopats. Lors de leur dernière session à Quarten (SG), les évêques ont répété leur refus de la discrimination raciale et critiqué le projet gouvernemental de révision partielle de la loi sur le travail, souhaitant que
l’égalité entre les hommes et les femmes ne se réalise pas "par le bas".
Les quelque 400 pages du projet de "Catéchisme pour l’Eglise universelle" sont soumises depuis fin 1989 à la consultation des évêques du monde
entier. Les premiers exemplaires sont partis en novembre, mais les Brésiliens ne les ont reçus qu’en février. Ce projet est "soigneusement étudié"
par la CES, malgré le peu de temps à disposition. Lors de sa session ordinaire du 5 au 7 mars, elle y a consacré une journée entière, en présence du
P. Christophe Schönborn, professeur à l’Université de Fribourg et secrétaire du Comité de rédaction qui assiste la Commission internationale d’évêques et de cardinaux chargés de ce projet.
Pas avant 1992
En avril prochain, lors de deux journées d’étude, le thème sera repris
par les évêques, et la Commission théologique de la CES aidera à rédiger le
rapport final qui doit être envoyé à Rome jusqu’à la fin mai, précise Mgr
Joseph Candolfi. On attend à Rome quelque 100’000 propositions d’amendements du monde entier, ce qui signifie qu’il faudra bien encore deux ans de
travail pour finir cet important ouvrage. Et la CES, ainsi que d’autres
épiscopats, souhaite encore voir cette nouvelle mouture avant publication
finale, a souligné l’évêque auxiliaire de Bâle.
C’est que ce "compendium", qui n’est pas un "catéchisme" au sens courant
du terme (un instrument didactique destiné à la catéchèse des adultes et
des enfants), est très important pour l’Eglise universelle. C’est une synthèse de l’enseignement catholique basée sur de nombreux textes de l’Ecriture Sainte et des Pères de l’Eglise, ainsi que sur les textes du Concile.
Imprégné également de la catéchèse du pape Jean Paul II, il devra servir en
effet de fondement aux futurs catéchismes nationaux et internationaux.
"La morale, c’est certainement la partie du projet qui sera la plus critiquée par les évêques, précise Mgr Candolfi; il y a bien certains points
de morale qui sont traités, mais cela me semble insuffisant..." Des évêques
ont souhaité qu’il y ait davantage d’exemples précis, car cela reste très
général. Il est vrai qu’il est très difficile d’entrer dans les détails en
raison des différences de culture, a cependant relevé le P. Schönborn. Le
schéma retenu pour l’exposition de la morale, c’est le schéma des commandements, relève le président de la CES, mais "on voudrait qu’un livre comme
celui-là ne soit pas simplement fait d’interdits, mais donne un souffle et
il y a différentes propositions qui seront faites dans ce sens".
Concernant la consultation sur la révision partielle de la loi sur le
travail, émanant du Département fédéral de l’Economie publique, les évêques
rappellent la primauté du travail sur le capital, conformément à la doctrine sociale de l’Eglise, et soulignent que la flexibilisation du temps de
travail (travail du dimanche et travail de nuit des femmes) ne devrait pas
entrer en matière avant que l’on ait épuisé les possibilités offertes par
la technique. Les évêques, qui défendent l’égalité des chances et des salaires, craignent qu’une égalité uniquement formelle entre l’homme et la
femme dans le monde du travail ne représente un nivellement par le bas.
Non au racisme
Les évêques saluent l’intention du Conseil fédéral d’approuver l’adhésion de la Suisse à la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, rappelant que l’enseignement de
l’Eglise souligne que le racisme est inacceptable. La CES regrette par ailleur qu’il ait fallu attendre la multiplication ces derniers temps d’incidents racistes pour que le Conseil fédéral considère cette adhésion et les
modifications du code pénal qui en découlent comme prioritaires. (apic/be)