Conférence de presse de la Conférence des évêques suisses (040393)
auxiliaires pour le diocèse de Coire
Berne, 4mars(APIC) Pour résoudre les tensions persistantes dans le diocèse de Coire, Jean Paul II a nommé deux évêques auxiliaires que Mgr Wolfgang
Haas "intégrera pleinement dans la direction du diocèse", a annoncé jeudi à
Berne le président de la Conférence des évêques suisses (CES), Mgr Mamie.
Les nouveaux élus sont le jésuite Peter Henrici, âgé de 64 ans, originaire
de Zurich et Paul Vollmar, marianiste, âgé de 58 ans, originaire d’Ueberlingen (Constance) et résidant actuellement à Fribourg. Les deux évêques
connaissent bien la réalité et les défis pastoraux du diocèse de Coire.
Un beau cadeau d’anniversaire donc pour Mgr Pierre Mamie, puisqu’il fêtait ce 4 mars son 73ème anniversaire, mais une grande espérance aussi pour
l’Eglise en Suisse, puisque cette décision devrait contribuer, selon Jean
Paul II lui-même, à "rétablir la pleine communion ecclésiale". Le pape
estime que c’est là, à l’heure actuelle, la disposition la plus appropriée
pour surmonter les difficultés dans le diocèse de Coire.
Réunie du 1er au 3 mars à Pensier/FR pour sa 219ème assemblée ordinaire,
la CES a accueilli "avec joie et un vrai sentiment de soulagement" la nouvelle communiquée à Mgr Mamie le 1er mars par l’intermédaire du nonce apostolique en Suisse, Mgr Edoardo Rovida. "A la suite des rencontres que j’ai
eues avec vous et avec mes autres frères dans l’épiscopat de votre pays,
écrit le pape, à partir également des nombreuses informations qui me sont
parvenues de personnes dignes de foi, j’ai pu avoir une meilleure connaissance des difficultés actuelles dans ce diocèse, ainsi que du vif désir des
prêtres et des fidèles que tous les efforts soient faits pour rétablir la
pleine communion ecclésiale".
"Pour nous, catholiques suisses, un nouveau jour se lève"
"Pour nous, catholiques suisses, un nouveau jour se lève", a souligné
jeudi à Berne Mgr Mamie, qui s’est personnellement beaucoup engagé pour
trouver une solution aux tensions qui divisaient clergé et fidèles du diocèse de Coire. Depuis quatre ans, tous les évêques suisses sans exception
avaient pu s’entretenir personnellement avec le pape de la situation de
Coire. En automne 1990, la CES avait mis sur pied un "groupe de dialogue"
pour tenter de trouver des solutions, mais elle devait reconnaître en mars
1991 que la médiation avait échoué. Rome avait ensuite nommé la même année
un délégué pontifical - l’archevêque allemand Karl-Josef Rauber, président
de l’Académie pontificale ecclésiastique, une institution qui forme les diplomates au service du Saint-Siège - qui avait élaboré un rapport.
Le pape connait le désarroi des fidèles et les inquiétudes de la CES
Depuis 1992, le pape, partageant les inquiétudes de la CES et le désarroi de beaucoup de fidèles, s’occupait personnellement de la question de
Coire, a souligné Mgr Mamie, mais il a été malade et très occupé par ses
voyages, d’où un certain retard pour annoncer ces mesures attendues. En effet, il y a plus de dix ans, quand la CES avait réfléchi à la restructuration des diocèses suisses, les évêques étaient arrivés à la conclusion
qu’il fallait, avant de diviser les trois grands diocèses (Bâle, Coire et
Lausanne, Genève et Fribourg) penser aux évêques auxiliaires. Pour faire
face aux tâches pastorales, il fallait deux auxiliaires dans ces diocèses,
mais l’évêque de Coire de l’époque, Mgr Vonderach, s’y était refusé.
On ne sait pas encore si les deux auxiliaires seront responsables d’un
territoire et quelles seront leurs compétences. Mgr Haas doit d’abord rencontrer ses deux futurs collaborateurs pour discuter de la répartition des
tâches. Le Père Roland B. Trauffer, secrétaire de la CES, a relevé que la
lettre du pape ne précise pas les tâches des nouveaux évêques et ne donne
aucune indication canonique à propos d’éventuels pouvoirs spéciaux.
Pour la CES, qui se réjouit d’accueillir deux nouveaux confrères, les
nouveaux auxiliaires "possèdent de grandes qualités, tant humaines que spirituelles, ainsi qu’une remarquable compétence". La CES demande en conclusion à tous les membres de l’Eglise de "témoigner leur confiance aux nouveaux évêques, de collaborer avec eux et de prier pour eux".
Selon Mgr Otmar Maeder, évêque de St-Gall et vice-président de la CES,
il y avait deux solutions réalistes pour apaiser les tensions à Coire: la
partition du diocèse avec la nomination d’un administrateur apostolique à
Zurich ou ailleurs, ou celle adoptée par le pape avec la nomination d’auxiliaires. La meilleure solution a été choisie, car avec la partition, a-t-il
estimé, les tensions auraient été encore plus grandes, parce que certains
se seraient sentis favorisés et les autres défavorisés.
A Coire, les décisions devront désormais être prises non plus par un
seul homme, mais par trois personnalités très différentes par leur expérience de vie et leur formation théologique, souligne Mgr Maeder qui attend
également des opposants à Mgr Haas qu’ils reconnaissent qu’un pas important
vers la solution du problème a été fait. Pour Mgr Mamie, également, c’est
pour le moment la meilleure solution qui a été trouvée.
Notons encore que les évêques suisses, inquiets de la situation de guerre qui prévaut en ex-Yougoslavie et en Arménie, étudient la manière d’exprimer concrètement leur solidarité avec ces peuples dans la détresse. Les
évêques pensent donc se rendre sur le terrain, en coordination avec Caritas
et les évêques locaux. Quant aux rumeurs de départ du nonce apostolique à
Berne et son remplacement éventuel par Mgr Karl-Josef Rauber, la CES n’a
pour le moment aucune information officielle à ce sujet. (apic/mp/be)